Sanaa/Aden, le 24 octobre 2023. Le Yémen est confronté à une fracture monétaire sans précédent, avec un écart colossal entre le taux de change du dollar américain dans la capitale Sanaa et dans la ville d’Aden, paralysant l’économie et aggravant la crise humanitaire.
- L’écart de prix entre le dollar américain à Sanaa et à Aden atteint 209 %.
- Un dollar américain possède, en termes de pouvoir d’achat, la valeur de trois dollars selon la région du Yémen.
- Le salaire d’un fonctionnaire yéménite perd les deux tiers de sa valeur s’il déménage d’Aden à Sanaa.
La situation est alarmante : un citoyen yéménite perd près de 1 093 riyals yéménites (environ 3,80 €) à chaque transfert d’un dollar américain de Sanaa à Aden. Cette divergence, révélée par les derniers rapports du marché des changes, illustre une division économique qui menace de déstabiliser l’ensemble du pays.
Actuellement, le dollar américain s’échange entre 1 500 et 1 632 riyals yéménites à Aden, tandis que dans la capitale Sanaa, il ne dépasse pas 524 riyals. Un tel écart a des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des Yéménites. En pratique, un dollar a l’équivalent de trois dollars en termes de capacité à acquérir des biens et des services, selon la région où il est utilisé.
Cette fragmentation monétaire n’est pas un phénomène isolé. Elle reflète la profonde division politique et financière qui traverse le Yémen depuis des années. Elle se traduit par une réalité amère pour les habitants : le pays fonctionne désormais avec deux monnaies distinctes, ce qui entrave le commerce intérieur et pèse lourdement sur les moyens de subsistance des familles.
L’écart de change se fait également sentir pour le riyal saoudien. À Aden, il se négocie entre 425 et 428 riyals yéménites, contre 138,5 à 139 riyals à Sanaa. La crise s’intensifie quotidiennement, et l’économie nationale continue de s’affaiblir sous le poids de cette situation dévastatrice. Les conséquences de cette division monétaire sont particulièrement graves pour les populations les plus vulnérables, déjà fragilisées par des années de conflit.
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