Le recrutement de joueurs de football est devenu une science, mais l’expérience et le jugement personnel restent irremplaçables, selon un ancien dirigeant. L’équilibre entre l’analyse de données et l’observation directe est devenu crucial pour le succès des clubs, en particulier dans une Premier League de plus en plus mondialisée.
L’évolution du recrutement a considérablement changé au fil des ans. Autrefois, la décision finale revenait entièrement au manager, qui définissait ses besoins auprès de ses recruteurs et observait les joueurs en action. « J’ai toujours insisté pour être la personne qui prenait la décision finale », explique-t-il, soulignant l’importance de la vision personnelle. Il insistait sur le fait que ses recruteurs et entraîneurs connaissaient parfaitement le profil de joueurs recherchés pour chaque poste, mais ne s’engageait que si le joueur correspondait à l’identité de l’équipe.
Aujourd’hui, les clubs comme Brighton, Brentford et Bournemouth illustrent l’efficacité d’une approche basée sur les données, où le profil des recrues est aligné sur les besoins du manager et l’identité du club. Cette méthode a contribué à l’internationalisation de la Premier League, où plus de 65 % des joueurs sont désormais étrangers.
Cependant, l’ancien dirigeant, se décrivant comme un « dinosaure », reste convaincu de la nécessité de voir un joueur en personne avant de le signer. « Même si les données constituent un outil incroyable pour découvrir de nouveaux talents, j’insisterais toujours pour voir le joueur avant qu’il ne soit signé, et je suis sûr que la plupart des managers le souhaiteraient désormais également. » Il souligne également l’importance de l’acceptation de la responsabilité en cas d’échec d’un recrutement. « Si le joueur que j’avais recruté ne correspondait pas à mes attentes, et il y en avait beaucoup, alors j’étais plus qu’heureux de lever la main et d’en accepter l’entière responsabilité. »
Il exprime son inquiétude face à certaines pratiques actuelles, où des joueurs sont recrutés sans l’approbation du manager, voire sans qu’il les ait vus. « Cela ne se produit plus toujours ainsi et cela m’a contrarié d’entendre que certains des joueurs recrutés dans un club n’ont pas eu l’approbation du manager, ni même été vus par lui. » Il insiste sur la nécessité d’une coordination parfaite : « Si tout n’est pas coordonné, vous ne réussirez jamais. »
Il conseille aux jeunes managers de ne pas négliger l’importance de leur propre jugement. « Vous devez donc être fort et vous assurer que les joueurs qui arrivent sont meilleurs que ce que vous avez, en fonction des données ou de ce que vous pouvez constater par vous-même. » Il conclut en soulignant l’importance de la confiance : « Si vous pouvez faire confiance à la personne qui les signe, les jours sont heureux… sinon, vous avez des ennuis ! »
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