Chrystia Freeland quittera officiellement son poste de députée vendredi, après avoir accepté un rôle de conseillère en développement économique auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette décision intervient après des semaines de pressions de l’opposition, qui lui demandait de démissionner dès l’annonce de son nouveau mandat.
L’ancienne vice-première ministre a annoncé son intention de quitter la Chambre des communes sur X (anciennement Twitter) : « Lundi, j’ai annoncé mon intention de quitter la Chambre des communes dans les semaines à venir. Aujourd’hui, j’ai écrit au Président pour confirmer que je quitterai mon siège à compter de ce vendredi 9 janvier. » Elle a précisé avoir consulté le commissaire fédéral à l’éthique « tout au long » du processus et avoir suivi ses recommandations.
Cette démission forcera le premier ministre Mark Carney à déclencher une élection partielle dans la circonscription torontoise d’University-Rosedale, que Freeland représentait depuis 2015. Carney a indiqué à Paris qu’il s’attendait à convoquer « quelques élections partielles » prochainement, sans toutefois préciser de calendrier.
L’opposition conservatrice a été particulièrement critique. Michael Barrett, porte-parole conservateur en matière d’éthique, a souligné les risques potentiels liés à l’accès d’une conseillère à des informations sensibles : « Au-delà du fait que servir les Canadiens n’est pas un travail à temps partiel, le poste qu’elle a accepté auprès d’un gouvernement étranger, rémunéré ou non, soulève la question de savoir quels intérêts seront prioritaires. » D’autres députés de l’opposition, dont Michael Chong et Don Davies, ont également estimé qu’une démission préalable était nécessaire.
Freeland avait démissionné du Cabinet en décembre 2024 et annoncé qu’elle ne se présenterait pas aux prochaines élections fédérales, après avoir été battue par Carney à la direction du Parti libéral. Elle avait ensuite été nommée ministre des Transports, puis envoyée spéciale en Ukraine pour les efforts de reconstruction. Elle assumera désormais un rôle de conseillère directe auprès de Zelensky.
« À l’avenir, je continuerai à soutenir et à aider à bâtir le Canada de toutes les manières possibles, tout en défendant le combat courageux du peuple ukrainien, une cause à laquelle je me suis engagée toute ma vie », a-t-elle déclaré mercredi.
Par ailleurs, Chrystia Freeland deviendra PDG du Rhodes Trust, une organisation caritative mondiale en matière d’éducation basée à Oxford, en Angleterre, à compter du 1er juillet.