Home DivertissementCivilisations: Rise and Fall review – TV that will make you despair for our own plummeting society | Television

Civilisations: Rise and Fall review – TV that will make you despair for our own plummeting society | Television

by Antoine Girard

Rome, 24 août 410 après J.-C. : alors que l’empire qui a dominé l’Europe pendant cinq siècles vacille, une nouvelle série documentaire de la BBC explore les raisons de la chute de quatre grandes civilisations, dressant un parallèle troublant avec les défis contemporains.

La nouvelle production, Civilisations : Rise and Fall, se penche sur les destins de Rome, de l’Égypte ancienne, des Aztèques et du Japon féodal, révélant des schémas communs qui ont conduit à leur déclin. Climat extrême, guerres, pandémies, migrations massives, inégalités criantes… autant de facteurs qui résonnent douloureusement avec les préoccupations actuelles.

« Les germes de la destruction d’une société sont semés en son sein », souligne Valerie Amos, l’une des expertes interrogées dans la série. Une observation qui invite à une réflexion urgente sur l’avenir de la civilisation moderne.

La série, magnifiquement narrée par Sophie Okonedo, met en lumière la fragilité des empires, en s’appuyant sur une collection d’artefacts exceptionnels conservés au British Museum. Parmi eux, une tête en bronze d’Auguste datant de plus de 2 050 ans, la pierre de Rosette, qui a permis de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens et de mieux comprendre les décisions de Cléopâtre, et un katana, l’un des sabres de samouraï les plus redoutables jamais créés.

L’accumulation de richesses entre les mains d’une minorité privilégiée est particulièrement pointée du doigt. L’exemple du coffret en argent Projecta (350-400 après J.-C.) illustre comment la concentration des richesses chez les 1 % les plus aisés de la société romaine a affaibli les finances de l’empire et contribué à sa chute. « L’inégalité de richesse est l’élément le plus courant et le plus crucial dans l’effondrement des sociétés », affirme Luke Kemp, du Centre pour l’étude des risques existentiels. « Elle corrode le tissu social… creuse les sociétés, les laissant devenir une coquille fragile qui peut être brisée par de nombreuses chocs différents. »

La série adopte une approche immersive, avec des reconstitutions soignées et l’intervention d’experts variés. Antony Gormley se penche sur un crâne aztèque en turquoise vieux de 550 ans, tandis qu’Alastair Campbell analyse la dynastie toxique des Ptolémées. Cependant, le manque de dialogues dans les reconstitutions a parfois laissé le spectateur sur sa faim.

Civilisations : Rise and Fall rappelle sans cesse que le passé peut nous éclairer sur les erreurs à ne pas reproduire. Un message d’autant plus pertinent que l’histoire révèle que les comportements humains restent étonnamment constants. Un masque de théâtre en terre cuite datant de 1 875 ans, exprimant les préjugés romains envers les peuples du nord, illustre l’origine raciste du terme « barbare », dérivé du grec « bárbaros », utilisé pour désigner les langues étrangères incompréhensibles.

La série utilise un compte à rebours angoissant pour souligner l’inéluctabilité du destin : « 15 ans avant la chute… 8 ans… 2 ans… La chute ! ». Cette approche, plus directe et plus anxiogène que les précédentes documentations sur l’histoire ancienne, reflète une prise de conscience de la vulnérabilité de notre propre civilisation. Comme le souligne Luke Kemp : « Chaque civilisation tout au long de l’histoire a une date d’expiration. »

Civilisations : Rise and Fall est disponible sur BBC Two et iPlayer.

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