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Cologne : Grande résistance au projet de centre d’aide aux toxicomanes

by Nicolas Lefèvre

La colère monte dans le quartier de Pantaleons à Cologne face au projet d’ouverture d’un centre d’aide aux toxicomanes. Une assemblée d’habitants, organisée lundi soir, a rassemblé près de 500 personnes, tandis qu’environ 200 autres n’ont pu entrer faute de place.

L’annonce du lieu choisi par la ville, le 19 décembre dernier, a immédiatement suscité une vive opposition. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 5 000 signatures, a indiqué Simone-Chantal Büttgenbach, membre du conseil d’administration de l’initiative citoyenne (IG) Pantaleonsviertel. Le maire Torsten Burmester a d’ailleurs invité Andreas Zittlau, le président de l’IG, à un entretien personnel vendredi prochain.

Le projet, qui prévoit un centre ouvert 24 heures sur 24, s’inscrit dans une stratégie plus large de la ville pour faire face à l’aggravation des problèmes liés à la consommation de drogues, notamment l’augmentation inquiétante de la consommation de crack. Selon le maire Burmester, cette nouvelle structure permettra d’aider davantage les personnes souffrant de dépendance et de désengorger l’espace public autour de la place Neumarkt.

Le choix du terrain situé rue Perlengraben/Wilhelm-Hoßdorf-Straße a été mûrement réfléchi, selon l’administration municipale, qui a pris en compte la proximité de la place Neumarkt (dans un rayon d’un kilomètre), les distances par rapport aux établissements pour enfants et les préoccupations des riverains. Des solutions de construction préfabriquée, modulaires ou en conteneurs, sont à l’étude.

Les opposants dénoncent un projet imposé sans concertation préalable. Ils s’inquiètent de l’impact sur la sécurité, notamment en raison de la présence d’une école, de plusieurs garderies et de nombreux chemins scolaires dans le quartier. Certains craignent une augmentation de la criminalité et de la délinquance liée au trafic de drogue. « Ici, on détruit délibérément du capital », s’est indigné un habitant de Pulheim, craignant une dévaluation de son patrimoine.

La question du financement du centre reste également en suspens. L’IG Pantaleonsviertel a déjà fait appel à un avocat pour préparer un éventuel recours juridique, estimant que sa position est « juridiquement solide ». Andreas Zittlau a souligné que l’IG ne cherchait pas à provoquer des affrontements, mais souhaitait être un « partenaire de dialogue constructif ». Il a toutefois demandé le report de la décision finale au conseil municipal afin de « désamorcer la pression temporelle ».

Une sœur de l’ordre catholique, Christina, de l’association d’aide aux sans-abri « Gubbio », a exprimé sa compréhension des inquiétudes des habitants, tout en soulignant la nécessité d’offrir un lieu d’accueil et de prise en charge aux personnes vulnérables : « Où iront les sans-abri et les toxicomanes s’il n’existe pas d’endroit où ils peuvent consommer de manière encadrée ? »

La ville organisera une réunion d’information pour les habitants le 20 janvier à 18 heures au VHS-Forum du musée Rautenstrauch-Joest. Le conseil d’administration de l’IG a appelé tous les participants à exprimer leur opposition.

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