Publié le 27 décembre 2023 17h19. La pandémie de Covid-19 a durement frappé les artistes indépendants allemands, les privant brutalement de leurs revenus. À Göttingen, deux d’entre eux témoignent de leur parcours semé d’embûches pour survivre et reconstruire une activité.
La crise sanitaire a mis en lumière les failles du système de soutien aux travailleurs indépendants du secteur culturel. Si des aides ont été mises en place, leur obtention et leur remboursement se sont révélés complexes, voire injustes, comme en témoignent les expériences de Christiane Eiben, chanteuse, et d’Albert Bührmann, DJ et artiste multi-facettes.
Christiane Eiben, choriste de renom ayant collaboré avec des artistes tels que Roland Kaiser, Peter Kraus, Semino Rossi et Hélène Fischer, a vu ses revenus s’effondrer du jour au lendemain. « J’ai été beaucoup aidée », reconnaît-elle, soulignant l’importance du soutien de la municipalité de Göttingen et d’un fonds d’aide initié par l’ancien PDG de Sartorius. Elle a également bénéficié d’une aide fédérale, mais a dû intégralement la rembourser, une épreuve financière difficile.
« Nous espérions déjà ne pas avoir à rembourser au moins une partie. »
Christiane Eiben, Chanteuse
Face à cette situation, Christiane Eiben a fait preuve d’ingéniosité en transformant un petit studio existant en un espace plus vaste dédié à l’enseignement du chant, aux répétitions et à l’enregistrement. Elle a profité de cette période d’inactivité forcée pour développer cette nouvelle activité.
L’accès aux aides financières s’est avéré particulièrement lent en Basse-Saxe, comme le souligne Christiane Eiben. La N-Bank, chargée de la distribution des fonds, a mis du temps à débloquer les sommes promises.
Parallèlement, Christiane Eiben a dû faire face à une autre épreuve : un cancer, survenu alors que les concerts recommençaient à se multiplier. Roland Kaiser lui a apporté un soutien précieux en continuant à la rémunérer comme si elle était en tournée.
Albert Bührmann, connu sous le nom de DJ Albi, organisateur des soirées « Rock gegen Rheumatism » au Musa depuis 25 ans, a également subi de plein fouet les conséquences de la pandémie. Ses fêtes, ses cours de batterie, ses expositions et la publication de son calendrier annuel ont été annulés. Il a pu surmonter cette période grâce à diverses aides, dont une aide au nouveau départ, et au soutien de la ville qui a pris en charge son loyer et ses cotisations d’assurance maladie.
« Tiens bon, Albi. Nous avons besoin de vous. »
Donateur anonyme
Des dons anonymes, parfois substantiels (jusqu’à 500 euros accompagnés d’un message de soutien), ont également contribué à l’aider à traverser cette crise. Il pensait initialement ne pas avoir à rembourser les aides reçues, mais a récemment été informé d’un trop-perçu de 1 500 euros, qu’il s’engage à rembourser grâce aux revenus de la vente de son calendrier.
Aujourd’hui, Christiane Eiben décrit le système de soutien mis en place pendant la pandémie comme « incroyablement déroutant ». Elle a temporairement été rattachée au régime d’assistance sociale Hartz IV, une situation qu’elle juge inappropriée. Elle se sentait stigmatisée, comme beaucoup de ses collègues.
GT/ET