Ottawa envisage un virage stratégique majeur dans son programme de modernisation navale, abandonnant l’idée d’une production nationale de sous-marins au profit de partenariats avec des constructeurs étrangers. Cette décision, annoncée par des responsables de la Marine canadienne, ouvre la voie à des contrats potentiels avec des entreprises sud-coréennes et allemandes.
Le vice-amiral Angus Tapsi, de la Marine canadienne, a exprimé des doutes quant à la faisabilité d’une construction nationale de sous-marins, soulignant les difficultés liées à la mise en place et au maintien de chaînes de production complexes. « L’introduction et la maintenance rapides de la chaîne de production sont essentielles », a-t-il déclaré lors d’une visite en Corée du Sud, où il a examiné les installations de Hanwha Ocean.
Le ministre de la Défense, David McGuinty, et le premier ministre Mark Carney ont également visité le chantier naval Hanwha Ocean le mois dernier, dans le cadre de l’évaluation des options pour remplacer la flotte vieillissante de sous-marins de classe Victoria. « Nous avons besoin de ce sous-marin rapidement », a insisté M. McGuinty, reconnaissant les défis liés au maintien d’une chaîne de production continue pour la construction de sous-marins.
Le Canada travaille actuellement sur le projet de sous-marin de patrouille canadien (PCSP), qui prévoit l’acquisition de 12 nouveaux sous-marins. Aucun nouveau sous-marin n’a été commandé par le Canada depuis les années 1960, ce qui rend ce projet particulièrement urgent. En janvier 2024, le gouvernement canadien a présélectionné Hanwha Ocean et ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) comme fournisseurs potentiels.
Hanwha Ocean et TKMS ont tous deux indiqué qu’une construction au Canada était techniquement possible, mais qu’elle nécessiterait des investissements importants dans de nouvelles infrastructures et prendrait un temps considérable. Hanwha Ocean propose une livraison potentielle de quatre sous-marins de classe KSS-III d’ici 2035, avec la possibilité de livraisons supplémentaires à partir de 2036. Cette approche pourrait permettre de retirer plus rapidement les sous-marins de classe Victoria du service et de réduire les coûts de maintenance, estimés à 10 milliards de dollars canadiens (environ 1 000 milliards de wons).
L’envergure totale du projet pourrait atteindre 200 milliards de dollars canadiens (environ 20 000 milliards de wons) pour l’acquisition des sous-marins, et jusqu’à 600 milliards de dollars canadiens (environ 61 000 milliards de wons) en incluant 30 années de support opérationnel et de maintenance. Certains analystes estiment que le coût réel pourrait même dépasser 1 000 milliards de dollars canadiens (environ 102 000 milliards de wons).
Cette décision intervient dans un contexte plus large de difficultés rencontrées par le Canada dans la construction navale nationale. Contrairement aux sous-marins et aux avions de combat, qui sont traditionnellement acquis à l’étranger, le Canada a tenté de développer une industrie nationale de construction navale pour les navires de surface. Cependant, la Stratégie nationale de construction navale (NSS) a été marquée par des retards importants et des dépassements de coûts considérables. Le coût de construction initial des 15 frégates de la classe Canadian Surface Combatant (CSC) a augmenté de 600 à 770 milliards de dollars canadiens (environ 61 000 à 78 000 milliards de wons), et certains experts estiment qu’il pourrait dépasser 800 milliards de dollars canadiens (environ 81 000 milliards de wons).
Un rapport du Bureau de la vérification du Canada de 2021 a souligné que le Canada ne respecte pas ses engagements internationaux en matière de livraison de navires de combat et non-combat dans les délais impartis. Des retards supplémentaires pourraient entraîner la mise hors service de navires existants avant que leurs remplaçants ne soient opérationnels.
Par ailleurs, le gouvernement canadien continue d’investir massivement dans d’autres secteurs de la défense, malgré les critiques concernant les subventions aux entreprises. Des milliards de dollars canadiens ont été alloués à l’industrie des batteries, avec des investissements majeurs dans des projets de Volkswagen (132 milliards de dollars canadiens, environ 13 480 milliards de wons), Stellantis (150 milliards de dollars canadiens, environ 13 310 milliards de wons) et Asahi Kasei (16 milliards de dollars canadiens, environ 1 630 milliards de wons), pour un total de 314 milliards de dollars canadiens (environ 32 000 milliards de wons).
Le premier ministre Carney a annoncé que les dépenses de défense du Canada augmenteront à 2 % du produit intérieur brut (PIB) cette année, conformément à un engagement pris auprès de l’OTAN. Il a également souligné la nécessité de renforcer la coopération avec l’Europe et de diversifier les sources d’approvisionnement en matière de défense.
En mars 2023, le Canada a signé un contrat pour l’achat de 88 avions de chasse F-35 pour 190 milliards de dollars canadiens (environ 19 400 milliards de wons). Cependant, le premier ministre Carney a ordonné une réévaluation de cet achat en janvier dernier, bien que le gouvernement ait déjà versé des acomptes pour 16 appareils, dont la livraison est prévue l’année prochaine.
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