Publié le 2025-10-16 09:56:00. Face à la flambée des coûts de santé aux États-Unis, certaines entreprises prennent une mesure radicale : prendre en charge intégralement les primes d’assurance maladie de leurs employés, une stratégie qui attire les talents et améliore le bien-être des équipes.
- Les primes d’assurance maladie aux États-Unis ont augmenté de plus de 24 % depuis 2019.
- Quelques 154 millions d’Américains bénéficient d’une assurance santé via leur employeur.
- Des entreprises comme Boston Consulting Group et Bartesian couvrent désormais l’intégralité des primes pour leurs employés et leurs familles.
Les soins de santé aux États-Unis sont déjà les plus chers du monde développé, et la situation ne cesse de s’aggraver. L’année dernière, la prime annuelle moyenne d’un régime d’assurance maladie familial (quatre personnes) dépassait les 25 500 $ (environ 23 500 €), selon les données de KFF, un organisme à but non lucratif. Sur ce montant, les employeurs contribuaient en moyenne à hauteur de 19 200 $ (environ 17 600 €), tandis que les employés assuraient les 6 300 $ (environ 5 800 €) restants.
Cette tendance à la hausse devrait se poursuivre, avec une augmentation estimée entre 6 % et 7 % des primes l’année prochaine. Dans ce contexte, une poignée d’entreprises, petites et grandes, ont décidé de soulager leurs employés en prenant en charge l’intégralité de leurs primes d’assurance maladie.
Boston Consulting Group (BCG) est l’un de ces employeurs. L’entreprise couvre toutes les primes pour ses 10 000 employés américains et leurs familles, soit un total d’environ 20 000 personnes. « Des employés en bonne santé constituent une main-d’œuvre productive, et également un endroit où nos équipes souhaitent venir travailler tous les jours », explique Alicia Pittman, directrice des ressources humaines de BCG. Bien que le coût total de cette initiative soit conséquent, BCG estime que cet investissement est rentable, car il facilite le recrutement et réduit le taux de rotation du personnel.
La startup Bartesian, spécialisée dans les machines à cocktails à domicile, a également opté pour cette stratégie. Fondée par Ryan Close, l’entreprise couvre l’intégralité des primes médicales, dentaires et visuelles de ses 30 employés et de leurs familles, en plus de verser une contribution annuelle de 1 000 $ (environ 920 €) à leurs comptes de dépenses flexibles.
« Cela vient probablement du fait d’être Canadien. J’ai probablement pris pour acquis : ‘Oh, bien sûr, je ne paie pas pour les soins de santé.’ »
Ryan Close, fondateur et PDG de Bartesian
Close explique que cette décision est motivée par son expérience personnelle après avoir déménagé du Canada aux États-Unis. Il a été frappé par le coût élevé des soins de santé américains et souhaitait offrir à ses employés une couverture complète. Bien que cette politique implique certains compromis, comme l’absence d’une politique formelle de congé parental, Close estime qu’elle est essentielle pour attirer et retenir les talents.
Selon le cabinet de conseil Mercer, environ 12 % des grandes entreprises proposent au moins un plan médical avec une couverture initiale gratuite pour un employé seul (seulement 2 % couvrent également les personnes à charge). Cette tendance, bien que minoritaire, témoigne d’une prise de conscience croissante de l’importance des soins de santé pour le bien-être des employés et la compétitivité des entreprises.
Les facteurs qui contribuent à la hausse des coûts des soins de santé aux États-Unis sont multiples. Les fabricants de médicaments développent des traitements innovants, mais les facturent à des prix élevés. De plus, le retour des patients chez le médecin après la pandémie a entraîné une augmentation de la demande et des prix. Enfin, la consolidation du secteur de l’assurance et des hôpitaux permet aux entreprises restantes d’augmenter leurs tarifs.
La situation reste complexe, mais l’initiative de certaines entreprises de prendre en charge l’intégralité des primes d’assurance maladie de leurs employés pourrait constituer une solution innovante pour atténuer l’impact de la crise des coûts de santé sur les travailleurs américains.
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