Home NouvellesComment la doctrine Monroe est prise en compte dans l’arrestation par les États-Unis du Vénézuélien Nicolas Maduro

Comment la doctrine Monroe est prise en compte dans l’arrestation par les États-Unis du Vénézuélien Nicolas Maduro

by Nicolas Lefèvre

L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines a relancé le débat sur la doctrine Monroe, un principe fondateur de la politique étrangère des États-Unis depuis près de deux siècles. L’administration Trump justifie cette intervention audacieuse par une interprétation renouvelée de cette doctrine, ravivant les controverses sur l’influence américaine en Amérique latine.

À retenir

  • L’administration Trump a invoqué la doctrine Monroe pour justifier l’arrestation de Nicolás Maduro, affirmant que le Venezuela menaçait les intérêts américains.
  • Le président Trump a évoqué un « corollaire de Trump » à la doctrine Monroe, visant à rétablir la domination américaine dans l’hémisphère occidental.
  • Des experts soulignent que l’utilisation de la doctrine Monroe par Trump s’inscrit dans une longue tradition d’interventions américaines en Amérique latine, souvent au nom de la sécurité et des intérêts économiques.

Contexte

Énoncée par le président James Monroe en 1823, la doctrine Monroe visait initialement à empêcher toute nouvelle colonisation européenne en Amérique et à contrer l’ingérence des puissances européennes dans les affaires des nations indépendantes du continent. En échange, les États-Unis s’engageaient à ne pas s’immiscer dans les conflits européens. Au fil du temps, cette doctrine a été interprétée de diverses manières, souvent pour justifier l’intervention américaine dans la région.

Jay Sexton, professeur d’histoire à l’Université du Missouri, souligne que « historiquement, le Venezuela a été le prétexte ou le déclencheur de nombreux corollaires de la doctrine Monroe ». Il cite des exemples remontant à la fin du XIXe siècle, ainsi que des interventions plus récentes.

Au début du XXe siècle, le président Theodore Roosevelt a formulé un « corollaire de Roosevelt », affirmant le droit des États-Unis d’intervenir dans les pays d’Amérique latine jugés instables. Cette doctrine a été utilisée pour justifier des actions telles que le soutien à la sécession du Panama de la Colombie, permettant ainsi aux États-Unis de sécuriser la zone du canal de Panama.

Durant la guerre froide, la doctrine Monroe a également servi de justification à l’opposition américaine au communisme, comme lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 et de la lutte contre le gouvernement sandiniste au Nicaragua dans les années 1980.

Ce qui change

Le président Trump a déclaré que le Venezuela, sous Maduro, « accueillait de plus en plus d’adversaires étrangers dans notre région et acquérait des armes offensives menaçantes qui pourraient menacer les intérêts américains ». Il a qualifié ces actions de « violation flagrante des principes fondamentaux de la politique étrangère américaine remontant à plus de deux siècles ». Il a également affirmé que « dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question ».

L’administration Trump a présenté une stratégie de sécurité nationale qui inclut un « corollaire de Trump » à la doctrine Monroe, visant à « restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental ». Cette stratégie se traduit par une série d’opérations militaires contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et dans l’océan Pacifique oriental, ainsi que par une intervention directe au Venezuela.

Gretchen Murphy, professeur à l’Université du Texas, estime que l’utilisation de la doctrine Monroe par Trump s’inscrit dans la continuité de l’histoire, rappelant que Roosevelt avait également interprété la doctrine comme un moyen de justifier des interventions visant à protéger les intérêts commerciaux et stratégiques des États-Unis.

Prochaines étapes

L’opération militaire visant à capturer Maduro pourrait susciter des divisions au sein du mouvement « Make America Great Again », comme cela s’est produit après les frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes l’année précédente. Selon Sexton, « il ne s’agit pas simplement du genre de travail de délit de fuite où, comme en Iran il y a quelques mois, nous avons largué les missiles, et ensuite vous pouvez continuer et continuer comme d’habitude ». Il souligne que cette intervention pourrait être perçue comme une contradiction avec la politique de l’administration Trump visant à se retirer des « guerres éternelles ».

Il faudra surveiller l’évolution de la situation au Venezuela et les réactions internationales à l’intervention américaine. La question de savoir si les États-Unis maintiendront une présence prolongée au Venezuela et les conséquences de cette intervention sur la stabilité régionale seront également des éléments clés à suivre.

Chiffres clés

Aucun chiffre clé n’est disponible dans le texte source.

Sources

Discours de James Monroe au Congrès, 1823.

Stratégie de sécurité nationale de l’administration Trump, décembre 2025.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.