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Comment Nejc Hojc veut redéfinir le vieillissement

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Au-delà de l’âge chronologique, un expert suisse en longévité propose une approche personnalisée pour évaluer et optimiser la santé, en s’appuyant sur une analyse approfondie des données biologiques et des performances physiques.

  • L’âge biologique, contrairement à l’âge chronologique, est un indicateur complexe de la capacité du corps à gérer le stress et à se régénérer.
  • Une approche holistique, combinant analyses ADN, hormonales, du microbiome et tests de performance, permet d’identifier les signaux d’alerte précoces et d’adapter les stratégies de santé.
  • Le maintien de la masse musculaire et de la densité osseuse est essentiel pour une vie active et épanouie avec l’âge.

Nejc Hojc, spécialiste de la longévité, insiste sur le fait que l’âge biologique n’est pas une simple valeur, mais un véritable modèle qui reflète la manière dont les cellules réagissent aux différentes sollicitations. « Cela montre comment les cellules réagissent au stress, la rapidité avec laquelle le corps récupère, la stabilité de l’équilibre hormonal et le fonctionnement du métabolisme en cas de stress », explique-t-il. Selon lui, se baser uniquement sur un test unique pour évaluer l’état biologique d’une personne serait comme vouloir traverser toute la Suisse avec une carte de Zurich : une vision incomplète et limitative. « Il manque la carte routière complète ».

Pour une évaluation précise, Hojc et son équipe s’appuient sur un ensemble complet de données issues d’analyses d’ADN, d’hormones et du microbiome. Ces informations sont croisées avec les résultats de diagnostics de santé et de performance, tels que la consommation maximale d’oxygène, l’analyse du stress, l’analyse du métabolisme respiratoire et les valeurs sanguines pertinentes. L’objectif est d’identifier les signaux d’alerte précoces et d’agir avant que des problèmes de santé ne se manifestent pleinement.

L’approche de Hojc prend également en compte l’évolution des objectifs de santé en fonction de l’âge. Il observe que, chez les personnes de plus de 50 ans, la priorité se déplace souvent de l’amélioration des performances ou de l’apparence vers le maintien des capacités physiques et la prévention des blessures. « Dès le plus jeune âge, l’entraînement consiste souvent à améliorer les performances ou l’apparence. Au fil des années – et lorsque des blessures ou des douleurs articulaires s’installent – il s’agit de maintenir ses propres capacités année après année », précise-t-il.

Il s’agit alors de préserver les éléments essentiels : la mobilité sans douleur, la résilience face aux aléas du quotidien et la capacité à bien récupérer. « Nous protégeons donc ce qui est le plus important, car nous savons exactement où se situent vos vulnérabilités », souligne Hojc. La longévité, selon lui, n’est pas une course contre la montre, mais un voyage qui se construit progressivement.

Les hormones et le métabolisme jouent un rôle crucial dans ce processus. « Après 50 ans, le terrain physique change. La prise de poids, le manque de sommeil, les crises de midi et la confusion mentale ne sont pas des signes inévitables du vieillissement, mais plutôt des signes que vous avez pris un mauvais chemin sur la route », explique-t-il. Il a constaté que, avec l’âge, les hormones tendent à perdre leur stabilité, les mitochondries – les centrales énergétiques des cellules – fonctionnent moins efficacement, l’inflammation silencieuse augmente et le métabolisme ralentit.

Il est donc essentiel d’agir pour « recalibrer » ces différents paramètres : rééquilibrer les hormones, stimuler les mitochondries, combattre l’inflammation et ajuster le métabolisme. « Vous êtes toujours au volant, mais la route anatomique se rétrécit », image Hojc. Il insiste sur le fait que plus on tarde à prendre en main sa santé, plus le risque de développer des maladies chroniques – cardiovasculaires, neurodégénératives, diabète, cancer, ostéoporose – augmente.

Ces maladies ne surviennent que rarement sans avertissement. Bien avant qu’un diagnostic ne soit posé, le corps envoie des signaux : modifications des marqueurs métaboliques, diminution de la capacité de régénération, inflammation progressive, perte de résilience cardiovasculaire. « Lorsque nous reconnaissons ces signes avant-coureurs, nous intervenons – avec un entraînement musculaire ciblé, un entraînement métabolique pour maintenir les systèmes énergétiques en état de marche, des stratégies nutritionnelles pour réduire l’inflammation et des méthodes de régénération pour restaurer la résilience », détaille Hojc. Il a pu constater que des clients souffrant de problèmes métaboliques non diagnostiqués obtenaient des résultats significatifs en quelques mois seulement grâce à ces interventions.

Un système musculaire et squelettique fort est également primordial. « La santé musculaire et osseuse est les piliers d’une vie active pendant la vieillesse ; La masse musculaire est l’un des marqueurs les plus sous-estimés du vieillissement en bonne santé. L’endurance à elle seule ne protège pas contre la fragilité », affirme-t-il. Il préconise une approche structurée, basée sur des données : d’abord la stabilité et la mobilité, puis un stress ciblé, combiné à une régénération adéquate pour favoriser les progrès.

Même après 60 ans, Hojc estime qu’une forme physique optimale est possible, à condition de considérer la longévité non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de vivre pleinement. « La longévité ne compte que si on la vit vraiment. Et vivre vraiment ne signifie pas seulement gagner des années, mais des années pendant lesquelles on est présent, fort et déterminé », insiste-t-il. Il rappelle une statistique alarmante : « J’ai lu récemment que les gens dans le monde passent en moyenne 9,6 ans malades et en mauvaise santé. »

En Suisse, plus de 6 % des adultes sont atteints de diabète et plus d’une femme sur cinq de plus de 50 ans souffre d’ostéoporose. Ces problèmes de santé représentent de véritables obstacles à une vie épanouie. « Si nous ne les rencontrons pas directement, ces dernières années ne seront pas la vraie vie, juste la survie », conclut Hojc.

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