Publié le 21 octobre 2025 17:05:00. Un adolescent allemand, Helmuth Hübener, a défié la propagande nazie pendant la Seconde Guerre mondiale en diffusant clandestinement des informations de la BBC, un acte de résistance qui vient d’être porté à l’écran dans le film Vérité et trahison.
- Le film Vérité et trahison, sorti le 17 octobre, relate l’histoire méconnue d’Helmuth Hübener, un jeune Allemand de 16 ans qui a remis en question le régime nazi.
- Le réalisateur Matt Whitaker s’était déjà intéressé à cette histoire en 2002 avec un documentaire pour PBS, Vérité et conviction.
- Le film, bien que fidèle aux faits, prend certaines libertés narratives pour renforcer l’impact dramatique.
Vérité et trahison met en lumière un chapitre peu connu de la résistance allemande. Contrairement à des figures comme Sophie Scholl ou Dietrich Bonhoeffer, le nom d’Helmuth Hübener reste relativement obscur. Né à Hambourg en 1925, il a grandi sous le régime nazi et a commencé à douter de la propagande officielle alors qu’il était encore adolescent. L’action du film se déroule en 1941-1942, une période cruciale de la Seconde Guerre mondiale où l’issue du conflit était incertaine.
Le point de bascule pour Hübener est l’acquisition d’une radio clandestine, achetée sur le marché noir français. Grâce à cet appareil, il accède à des informations provenant de sources extérieures, notamment de la BBC, qui contredisent les récits officiels diffusés par le gouvernement allemand. Il est également profondément choqué par l’interdiction faite aux Juifs d’entrer dans son église, une décision qu’il trouve particulièrement odieuse en raison de l’amitié qui le lie à Solomon Schwartz, un jeune homme juif.
Hübener se lance alors dans une forme de résistance individuelle, distribuant des tracts clandestins dans toute la ville. Il utilise des fiches de bibliothèque rouges, tapées à la machine, pour diffuser ses idées anti-hitlériennes, contournant ainsi les médias contrôlés par le régime. Ses actions finissent par attirer l’attention de la Gestapo, et il devient un fugitif. Le fait qu’il soit un jeune homme jouera un rôle déterminant dans son sort.
Rupert Evans, connu pour son rôle dans L’Homme dans le Haut Château, incarne l’officier de la Gestapo chargé de traquer Hübener. Ewan Horrocks, qui a débuté dans la dernière saison de Le Dernier Royaume, interprète le rôle principal. Le scénario, écrit par Matt Whitaker et Ethan Vincent, est le fruit de vingt ans de travail pour le réalisateur, qui a vu son projet aboutir grâce au soutien d’Angel Studios.
Vérité et trahison est un drame historique soigné, avec une belle photographie et une reconstitution d’époque réussie. Le jeu des acteurs est également à saluer. Lors de son premier week-end d’exploitation, le film a rapporté 2,7 millions de dollars au box-office.
Si le film est techniquement irréprochable, il souffre d’un rythme parfois inégal et d’une intrigue amoureuse jugée artificielle par certains. De plus, le genre du film historique sur la Seconde Guerre mondiale est devenu si courant – avec des titres comme Le Voleur de Livres, La Femme du Gardien de Zoo ou Résistance – que l’originalité de l’histoire de Hübener risque d’être éclipsée par des codes narratifs déjà bien établis. Le fait que le film soit tourné en anglais, avec des accents britanniques, peut également détonner pour certains spectateurs.
Whitaker et son équipe prévoient de produire une série limitée en quatre parties sur la vie d’Helmuth Hübener. Le cinéaste appelle également à l’attention sur l’existence d’autres héros méconnus de cette époque, dont l’histoire mérite d’être redécouverte, comme celle du père jésuite Alfred Delp, dont la résistance au régime nazi s’exprimait également par la parole.
« Celui qui n’a pas le courage de faire l’histoire est condamné à en devenir l’objet. »
Père Alfred Delp, prêtre jésuite
Note du spectateur
Vérité et trahison est classé PG-13 pour son contenu violent, ses images sanglantes, ses thèmes abordés et la présence de tabagisme.
