Publié le 27 novembre 2025 10h00:00. Une étude récente explore un scénario hypothétique : l’impact sur le corps humain du passage d’un trou noir primordial, ces objets mystérieux potentiellement à l’origine de la matière noire.
- Un trou noir primordial d’environ 100 milliards de tonnes (1014 kg) causerait moins de dommages qu’une balle de petit calibre.
- Des trous noirs primordiaux plus massifs, comparables à de petits astéroïdes (7 000 milliards de tonnes, soit 7 x 1015 kg), pourraient être fatals en déchirant les tissus, notamment cérébraux.
- Ce type d’événement reste extrêmement improbable, l’étude servant à mieux comprendre la physique extrême de ces objets hypothétiques.
Les trous noirs sont généralement associés à des objets gigantesques, mais les astronomes supposent l’existence de leurs cousins plus petits : les trous noirs primordiaux. Ces derniers, encore hypothétiques, pourraient constituer une part importante de la matière noire qui compose l’univers. Selon les théories, ils se seraient formés peu après le Big Bang, à partir de concentrations de matière extrêmement denses, et présenteraient une grande variété de tailles, allant de masses inférieures à celle d’une agrafe à des masses supérieures à celle du Soleil.
Robert Scherrer, un physicien américain, s’est récemment penché sur une question pour le moins inhabituelle : quel serait l’impact si un tel trou noir traversait le corps humain ? Son étude, dont les résultats sont présentés sur ScienceAlert, compare l’expérience à celle d’être touché par une balle.
Selon ses calculs, un trou noir primordial pesant environ 100 milliards de tonnes, bien que minuscule – plus petit qu’un atome d’hydrogène – ne serait pas plus dangereux qu’un tir d’arme de petit calibre. Se déplaçant à la vitesse typique des objets galactiques, soit environ 200 kilomètres par seconde, il ne rencontrerait que peu de résistance. Le principal danger ne résiderait pas dans la gravité elle-même, mais dans l’onde de choc supersonique générée par son passage, comparable à un choc balistique et susceptible d’endommager les tissus.
La situation serait bien plus critique avec des trous noirs primordiaux plus massifs. Un objet d’environ 7 000 milliards de tonnes, comparable à un petit astéroïde, provoquerait des dégâts considérables. Les recherches de Scherrer indiquent qu’il déchirerait les cellules humaines, en particulier celles du cerveau, entraînant des « conséquences fatales ». Dans ce cas, les forces de marée agiraient comme un flux et un reflux extrêmement amplifiés, étirant et déchirant les tissus. Même dans ce scénario, l’onde de choc pourrait être fatale.
Robert Scherrer insiste toutefois sur le caractère purement théorique de cette étude.
« Il s’agit d’un scénario hypothétique visant à mieux comprendre la physique extrême des trous noirs primordiaux. »
