En novembre 1969, Charles Conrad Jr. et Alan Bean ont atterri à seulement 180 mètres de la sonde Surveyor 3 sur la Lune, prélevant près de 10 kilogrammes de composants après 31 mois de silence radio pour étudier les effets du vide spatial.
La conquête spatiale a connu à la fin des années 1960 un épisode d’une précision remarquable, resté à ce jour sans équivalent.
Le silence radio de Surveyor 3 dans l’Océan des Tempêtes
En avril 1967, la sonde Surveyor 3 s’était posée en douceur dans l’Océan des Tempêtes, une vaste plaine volcanique choisie pour sa relative planéité. Sa mission consistait à transmettre des images et à étudier la texture du sol lunaire avant l’arrivée de l’homme. Une fois ces données envoyées, l’engin était resté immobile et silencieux, livré aux variations thermiques et au vide spatial.
Pendant 31 mois, la machine n’a émis aucun signal. Ce silence n’a toutefois inquiété personne à la NASA, l’extinction de la sonde ayant été prévue dès le départ. Mais l’idée d’aller l’examiner de près comme une épave a peu à peu germé au sein de l’agence spatiale, ouvrant la voie à la mission Apollo 12.
L’atterrissage d’Apollo 12 près de la sonde
En novembre 1969, le module lunaire transportant Charles Conrad Jr. et Alan Bean s’est posé à environ 180 mètres de Surveyor 3, sans carte routière ni GPS. Cette précision inédite a permis aux deux astronautes de marcher jusqu’au cratère où reposait l’engin.
Sur place, la sonde initialement d’un blanc éclatant est apparue sous une teinte brune, recouverte d’une fine pellicule de poussière lunaire soulevée en partie par leur propre module. À l’aide d’une pince coupante modifiée, Conrad a détaché la caméra de télévision, un morceau de câblage et une section de tuyauterie. Au total, les astronautes ont rapporté environ 10 kilogrammes de composants pour étudier l’impact du vide et des radiations, avant de les glisser dans un sac en tissu de verre et Teflon pour le voyage du retour.