Publié le 17 janvier 2024 à 10h30. Face à une forte pression des constructeurs automobiles et de certains États membres, l’Union européenne a revu son objectif initial d’interdire la vente de voitures à essence, diesel et hybrides à partir de 2035, optant désormais pour une réduction drastique des émissions.
- L’UE ne bannira plus totalement les voitures thermiques en 2035, mais exigera une réduction moyenne des émissions de 90 %.
- L’Allemagne et l’Italie ont été les principaux moteurs de ce revirement, craignant des conséquences économiques et sociales négatives.
- Cette décision pourrait ralentir l’adoption des véhicules électriques en Europe et compliquer les efforts de l’Irlande pour décarboner son secteur des transports.
Le plan initial de l’Union européenne, annoncé il y a quelques années, visait à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 en interdisant la vente de tout nouveau véhicule polluant à partir de 2035. Cette mesure ambitieuse, qui aurait mis fin à la commercialisation des voitures à essence, diesel et hybrides, reposait sur l’idée que le renouvellement du parc automobile est relativement lent (environ 15 ans) et qu’il était donc crucial d’agir rapidement pour atteindre les objectifs climatiques.
Cependant, cette proposition a suscité une vive opposition de la part de plusieurs acteurs. Des gouvernements européens, notamment l’Allemagne et l’Italie, ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact économique et social d’une telle interdiction. Ils craignaient notamment des pertes d’emplois dans l’industrie automobile et des difficultés pour les consommateurs, en particulier ceux qui ne pourraient pas se permettre d’acquérir un véhicule électrique. L’industrie automobile européenne, regroupée au sein de l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), a également plaidé pour un assouplissement des règles.
Suite à ces pressions, la Commission européenne a finalement accepté de revoir sa position. Au lieu d’une interdiction totale, les constructeurs automobiles seront désormais tenus de réduire leurs émissions moyennes de près de 90 % d’ici 2035. Cela signifie qu’un nombre limité de voitures à essence, diesel et hybrides pourra encore être vendu après cette date, bien que le nombre exact et la durée de cette dérogation restent à préciser.
Selon nos informations, l’Allemagne et l’Italie, soutenues par la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et la Bulgarie, ont exercé une pression considérable pour obtenir ce compromis. Ils estimaient qu’une interdiction stricte était trop rigide, trop risquée et potentiellement désastreuse pour l’emploi. Des constructeurs tels que Volkswagen, BMW, Mercedes-Benz, Stellantis et Renault ont également soutenu cette position, appelant à un rythme de transition plus lent.
Quelles seront les conséquences de cette décision ? L’impact sur les ventes de voitures électriques en Europe et en Irlande est incertain. Les constructeurs automobiles pourraient revoir leurs investissements dans les véhicules électriques, les consommateurs pourraient retarder leurs achats, et les hybrides rechargeables pourraient profiter de cette situation. À moyen terme, les véhicules électriques devraient continuer à gagner des parts de marché, mais à un rythme plus lent. Cette évolution représente un défi pour des pays comme l’Irlande, où le développement des voitures électriques est un pilier de la stratégie de réduction des émissions dans le secteur des transports.
Pour contacter Geraldine Herbert, envoyez un email à : [email protected]
À lire aussi
