La Côte d’Ivoire disputera la Coupe du monde 2026 sans ses supporters venus du pays pour la première fois de son histoire. En cause : le refus systématique de visas par les États-Unis, co-organisateur de l’événement. Cette situation a été dénoncée ce jeudi 11 juin par le président du comité national des supporters.
Le refus des visas et la colère du CNSE
L’absence de supporters ivoiriens sur le sol américain n’est pas le fruit d’un manque d’intérêt, mais d’une barrière administrative. Le président du Comité national des supporters des Éléphants (CNSE), Julien Kouadio Adonis, a affirmé auprès de l’AFP que les supporters ont renoncé au voyage après que l’État américain a clairement indiqué ne pas vouloir voir des fans de certains pays, dont la Côte d’Ivoire, sur son territoire.
« Cette situation nous fait très mal car elle nous empêche d’accomplir notre devoir régalien, c’est-à-dire, supporter notre équipe. Nous aurions pu présenter notre culture, notre savoir-faire en matière de supporter dans les tribunes »
Julien Kouadio Adonis, président du CNSE, via Le FigaroCette rupture avec la tradition est brutale. Lors des participations précédentes du pays au Mondial en 2006, 2010 et 2014, ainsi que pour les Coupes d’Afrique des Nations, le CNSE organisait habituellement le déplacement de plusieurs dizaines de supporters. Cette année, seule une poignée d’officiels a obtenu l’autorisation d’entrer aux États-Unis, après des négociations difficiles.
La politique migratoire américaine et l’avertissement de Marco Rubio
Le blocage provient d’une application rigoureuse de la politique migratoire très stricte de Donald Trump. Cette fermeté ne touche pas seulement les fans, mais s’étend aux acteurs officiels du tournoi. Le cas de l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé samedi dernier malgré un visa en règle, illustre l’imprévisibilité des contrôles aux frontières.

Le ton a été donné dès le début de l’année par la diplomatie américaine. Marco Rubio, chef de la diplomatie des États-Unis, avait averti que « votre billet n’est pas un visa », rappelant que la possession d’une place pour un match ne garantissait en rien l’accès au territoire.
Une dépendance forcée envers la diaspora
Privée de son contingent national, la Côte d’Ivoire doit désormais s’appuyer sur sa communauté installée en Amérique du Nord. Le CNSE estime que plus de 1 000 membres de la diaspora sont présents sur place pour soutenir les Éléphants. Les rares officiels du CNSE autorisés à voyager auront pour mission principale d’encadrer ces supporters locaux.
L’analyse de le manque de visas pour les supporters ivoiriens révèle un contraste frappant entre l’ambition globale de la FIFA et la réalité géopolitique des pays hôtes. Alors que le Mondial se veut universel, les restrictions d’entrée créent une compétition à deux vitesses où certains pays sont physiquement exclus de la fête.
Le calendrier des Éléphants et un Mondial déconnecté
La Côte d’Ivoire, placée dans le groupe E, jouera la majorité de ses rencontres sur le sol américain, accentuant ainsi le sentiment de vide dans les tribunes.
- 15 juin : Côte d’Ivoire vs Équateur (Philadelphie, États-Unis)
- 20 juin : Côte d’Ivoire vs Allemagne (Toronto, Canada)
- 25 juin : Côte d’Ivoire vs Curaçao (Philadelphie, États-Unis)
Au-delà des visas, le coût exorbitant des billets pour les matchs renforce les critiques sur un tournoi jugé déconnecté de sa base populaire. La combinaison de prix prohibitifs et de barrières administratives transforme l’expérience du supporter en un privilège réservé à une élite ou à ceux résidant déjà dans la zone Nord-Américaine.
Pour les Éléphants, l’enjeu sera désormais de transformer ce sentiment d’injustice en moteur sportif, tout en comptant sur le soutien d’une diaspora qui devient, par défaut, l’unique visage du pays dans les stades de Philadelphie.
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