Publié le 14 janvier 2024 à 09h12. La colère gronde dans le monde agricole, malgré les promesses gouvernementales d’une loi d’urgence. Certains syndicats envisagent désormais des actions plus radicales, allant jusqu’au blocage des raffineries pour faire entendre leurs revendications.
- Les agriculteurs expriment leur mécontentement face à la baisse de leurs revenus.
- La Coordination rurale menace de bloquer les raffineries si leurs doléances ne sont pas prises en compte.
- Le projet de loi annoncé par le Premier ministre est jugé insuffisant par les syndicats.
La situation reste tendue dans le secteur agricole. Les agriculteurs dénoncent une situation économique de plus en plus difficile, marquée par la baisse des prix de leurs produits. Denis Odetto, président de la Coordination rurale dans le Vaucluse, illustre cette réalité : « Il y a deux ans, je vendais mes courges à 40 centimes le kilo, on est à 35 cette année. Mes butternuts se vendaient à 60 centimes, on est à 50. On ne peut plus continuer comme ça. »
Face à ce constat, la Coordination rurale n’hésite pas à envisager des mesures de pression plus fortes. « S’il faut bloquer les raffineries, on le fera », a déclaré Denis Odetto, exprimant un sentiment de désespoir et de mépris ressenti par de nombreux agriculteurs. « Il arrive un moment où c’est bien beau d’être sur les routes à emmerder les gens, mais on n’est pas entendu. On est méprisé. »
Le gouvernement a annoncé la préparation d’une loi d’urgence agricole, portée par le ministre de l’Agriculture, Sébastien Lecornu. Ce texte devrait aborder des questions cruciales telles que la politique de l’eau, la prédation du loup et les moyens de production. Cependant, les syndicats restent sceptiques quant à l’efficacité de cette loi. Ils estiment qu’elle ne répondra pas aux problèmes fondamentaux auxquels ils sont confrontés et craignent qu’elle ne soit qu’une réponse partielle à leurs revendications.
La mobilisation des agriculteurs se poursuit donc, et l’escalade des tensions est à craindre si des solutions concrètes ne sont pas rapidement mises en place.