Publié le 11 janvier 2024 à 19h55. La répression des manifestations en Iran s’intensifie, faisant craindre une escalade de la violence alors que le régime coupe l’accès à Internet et convoque l’ambassadeur britannique en réponse à des protestations à Londres.
- Un haut responsable de la sécurité iranienne a été tué lors d’affrontements à Mashhad, dans l’est du pays.
- L’Iran a convoqué l’ambassadeur britannique à Téhéran après le remplacement du drapeau iranien par un symbole de l’ancien régime devant l’ambassade à Londres.
- Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exprimé son inquiétude face à la violence et appelé à la retenue.
La situation en Iran reste extrêmement tendue, les manifestations se poursuivant quotidiennement dans plusieurs villes, notamment à Téhéran où des foules importantes scandent des slogans antigouvernementaux, dont des appels au retour de la monarchie. Selon l’agence américaine Human Rights Activists News Agency (Hrana), le nombre de personnes tuées depuis le début des protestations a atteint 466.
La répression des autorités iraniennes s’accentue, avec une coupure d’Internet qui dure depuis quatre jours, réduisant la connectivité à seulement 1 % des niveaux normaux. Cette mesure vise à entraver la communication et l’accès à l’information pour les manifestants et le public, selon l’observatoire mondial d’Internet Netblocks.
L’incident diplomatique avec le Royaume-Uni a été déclenché par des manifestations devant l’ambassade iranienne à Londres, où un manifestant a remplacé le drapeau de la République islamique par celui du lion et du soleil, symbole de la dynastie Pahlavi. La police britannique a procédé à deux arrestations après qu’un individu ait escaladé le bâtiment. L’Iran a réagi en convoquant l’ambassadeur britannique, Hugo Shorter, et lui a transmis un message ferme concernant ce qu’il qualifie de « profanation » du drapeau et de « déclarations interventionnistes » de la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.
Sur la scène internationale, les réactions se multiplient. Antonio Tajani, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien, a exprimé son soutien aux aspirations démocratiques du peuple iranien et appelé les autorités à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Sur son compte X, il a également présenté ses condoléances aux familles des victimes.
« L’aspiration à la liberté est inhérente à chacun de nous en tant qu’êtres humains. La nouvelle génération iranienne exige dignité et liberté. En 2024, ce n’est pas trop demander. Les massacres doivent cesser. Les innocents et les persécutés doivent être libérés. La répression doit cesser. »
Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen
Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen, a également appelé à une action de l’Union européenne en faveur du peuple iranien, soulignant que les régimes qui bloquent la communication ont peur de leur propre population.
Reza Pahlavi, le fils aîné du dernier Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, a appelé à une intensification des manifestations et a affirmé que l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, “sera tenu de rendre compte de ses actes”. Dans un message publié sur X, il a également salué le soutien du président américain Donald Trump, affirmant que celui-ci “surveille attentivement votre courage indescriptible et a annoncé sa volonté de vous aider”.
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