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Critique : Tame Impala – « Deadbeat »

by Antoine Girard

Publié le 17 octobre 2025 à 11h10. Le nouveau disque de Tame Impala, « Deadbeat », explore des sonorités techno inattendues tout en sondant les angoisses de la quarantaine, offrant un album à la fois familier et novateur.

  • « Deadbeat » est né d’une ambition initiale de Kevin Parker, le seul membre permanent de Tame Impala, de créer un album techno sous un pseudonyme.
  • L’album mêle des rythmes rave à des mélodies et des paroles caractéristiques de Tame Impala, notamment dans les morceaux « Oblivion » et « End of Summer ».
  • « Deadbeat » aborde également les préoccupations liées à la crise de la quarantaine et aux doutes personnels de l’artiste.

Ce qui aurait pu être un projet radicalement différent a finalement pris la forme d’une tentative techno pour le cinquième album de Parker. Lors d’une interview sur le podcast de Zane Lowe, Kevin Parker a révélé qu’il envisageait initialement d’enregistrer un album purement techno sous un autre nom, voire de le publier anonymement, se distançant ainsi de sa réputation de chouchou de la scène indie et de producteur recherché.

Au fur et à mesure de l’élaboration de l’album, Parker a cependant commencé à intégrer des accords et des paroles typiques de Tame Impala aux rythmes électroniques. Le résultat est un disque où les traces de cette ambition originelle sont perceptibles, notamment dans le morceau calme et influencé par la fausset-house d’Enya, « Oblivion », et dans le dernier single, « End of Summer », avec son rythme puissant rappelant « Born Slippy ». Des éléments techno parcourent l’album comme un fil conducteur.

Le principal atout musical de « Deadbeat » réside dans sa capacité à intégrer de nouveaux éléments à la musique pop psychédélique perfectionniste de Parker, évitant ainsi qu’il ne se limite à un énième album de Tame Impala. Cependant, cette nouvelle énergie est parfois diluée par des chansons qui rappellent trop les aventures musicales antérieures de Parker, ce qui peut fragmenter l’expérience d’écoute.

Si la techno représente une voie d’avenir claire, la crise de la quarantaine en est une autre. En janvier, Parker, père de deux enfants, a franchi le cap de la quarantaine, et au-delà des synthétiseurs et des rythmes entraînants, « Deadbeat » se révèle être un album intime et empathique sur les doutes et les remises en question liés à cet âge. L’artiste, qui a toujours le contrôle total en studio, réfléchit avec une certaine autodérision sur ses propres faiblesses en dehors de l’environnement créatif. Cette ouverture sur ses doutes, dans un monde où la vulnérabilité masculine est encore rare, apparaît à la fois inhabituelle et bienvenue.

Morceau préféré : « Oblivion »

Lire d’autres critiques de disques et d’autres textes de Mattias Dahlström.

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