Publié le 17 octobre 2025 à 02h03. Une nouvelle pièce off-Broadway, Truman contre Israël, explore un épisode méconnu de l’histoire américaine : les pressions exercées sur le président Harry Truman concernant la reconnaissance d’Israël et le soutien militaire au jeune État.
- La pièce met en scène une rencontre fictive entre Harry Truman et l’avocate Bella Abzug, qui tente de le convaincre de soutenir davantage Israël.
- L’œuvre soulève des questions sur les motivations de Truman et les enjeux géopolitiques de l’époque.
- La production, jouée au Theatre at St. Clement’s, a reçu des critiques mitigées, saluant la conception visuelle mais critiquant le jeu d’acteur et le scénario.
Truman contre Israël, écrite par William Spatz et mise en scène par Randy White, se déroule sur deux époques. La pièce débute en 1948 avec un soldat impliqué dans les combats, qui exprime son désespoir en jurant envers le président Truman. Elle se poursuit en 1988, où la représentante Bella Abzug, incarnée par Helen Laser, pose pour un portrait alors que les nouvelles de la première Intifada résonnent à la radio. Un peintre (Mark Lotito) qualifie alors Israël d’« État d’apartheid », ce qui déclenche une discussion animée avec Abzug. Cette dernière décide alors de raconter au peintre l’épisode de 1953 où elle, accompagnée de son associé Don Muller (Matt Caplan), s’est rendue dans le Missouri pour rencontrer l’ancien président Truman (Willy Falk) et l’inciter à ne pas engager de poursuites en diffamation contre un chroniqueur l’accusant de ne pas suffisamment soutenir Israël.
La pièce explore les tensions entourant la reconnaissance d’Israël par Truman, qui fut le premier dirigeant mondial à le faire, le 14 mai 1948, seulement onze minutes après la déclaration d’indépendance de David Ben Gourion. Cependant, Truman maintint un embargo sur les armes à destination d’Israël, ainsi que de tous les pays du Moyen-Orient, pendant la guerre qui s’ensuivit. Abzug et Muller tentent de persuader Truman de ne pas poursuivre en justice, en simulant le contre-interrogatoire auquel il serait susceptible de faire face : pourquoi ne pas utiliser l’argent des contribuables américains pour défendre Israël ? L’a-t-il reconnu pour les bonnes raisons ? N’est-il pas, en réalité, antisémite ?
Les critiques sont partagées quant à la réussite de la pièce. Si la conception visuelle, avec les décors de Lauren Helpern, les costumes de Sydney Gallas, l’éclairage de Tyler Micoleau et la conception sonore naturaliste d’Elisabeth Weidner, est saluée, le jeu des acteurs et le scénario sont jugés moins convaincants. Helen Laser, qui a rejoint la production il y a deux semaines en remplacement de Sasha Eden, est comparée à la comédienne Rachel Brosnahan, connue pour son rôle dans la série La Merveilleuse Mme Maisel. Willy Falk, en revanche, est critiqué pour son interprétation hésitante, malgré sa présence dans la production depuis le début. Mark Lotito est décrit comme raide mais affable dans ses rôles de peintre et d’Eddie Jacobson, un ancien camarade d’armée et partenaire commercial de Truman.
Il est important de noter qu’une version antérieure de cette pièce a été présentée en 2018 au Greenhouse Theatre de Chicago, où William Spatz est directeur exécutif. La production actuelle semble être la plus aboutie à ce jour, bien que les critiques restent mitigées.
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