Publié le 2025-10-02 02:15:00. Le secteur de la construction au Pérou, après une période de croissance soutenue, pourrait être freiné par un manque de clarté gouvernementale concernant les logements sociaux et des difficultés d’approvisionnement en eau potable, menaçant ainsi la croissance économique du pays.
- Le secteur de la construction a connu une croissance de 5 % en juillet, surpassant les prévisions initiales de 3 %.
- Un manque de nouveaux projets pourrait entraîner une pénurie sur le marché immobilier, faisant grimper les prix et mettant en péril la croissance à deux chiffres observée récemment.
- Les incertitudes concernant la politique de logement social et les limitations d’approvisionnement en eau potable dans les zones les plus dynamiques de Lima constituent des obstacles majeurs.
Selon Guido Valdivia, vice-président exécutif de la Confédération des promoteurs immobiliers du Pérou (CAPECO), l’équilibre actuel entre l’offre et la demande sur le marché immobilier pourrait être rompu dans les prochains mois si le lancement de nouveaux projets ne reprend pas. Une situation qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie nationale.
Le dernier rapport de CAPECO indique que les indicateurs de vente de l’offre restent stables dans les secteurs haut de gamme de Lima et dans la zone moderne de la capitale. Cependant, cette stabilité est menacée par le ralentissement de l’entrée de nouveaux projets sur le marché. Valdivia met en garde contre un possible scénario de pénurie, qui exercerait une pression à la hausse sur les prix et laisserait une partie de la demande insatisfaite.
« Si cela se produit, le marché perdrait son principal soutien de croissance. »
Guido Valdivia, vice-président exécutif de CAPECO
Une des principales préoccupations concerne le manque de clarté de la part du ministère du Logement concernant sa politique en matière de logements sociaux. Selon CAPECO, une part significative de l’offre et des ventes à Lima Top et Modern Lima concerne ce type de logements. Les municipalités ont estimé qu’il n’y avait pas d’offre de logements sociaux dans ces zones, et une absence de nouvelles directives de la part du ministère pourrait entraver le développement de nouveaux projets.
Outre les questions de politique du logement, les promoteurs immobiliers rencontrent également des difficultés à obtenir de nouveaux services d’eau potable dans les zones les plus prisées de Lima. Valdivia souligne que les limitations imposées par Sedapal (l’entreprise de services publics d’eau potable et d’assainissement) nécessitent des décisions d’investissement claires et une implication du secteur privé pour être résolues.
Les ventes dans les zones de Lima Top (Miraflores, San Isidro, La Molina, Santiago de Surco, San Borja et Barranco) et de Modern Lima (Jesús María, Lince, Magdalena del Mar, San Miguel, Pueblo Libre et Surquillo) ont été particulièrement dynamiques au cours du premier semestre 2025, avec 3 473 unités vendues dans la première zone et 4 796 dans la seconde, dépassant les chiffres de la même période en 2024. Ce dynamisme rend d’autant plus cruciale la résolution des obstacles à l’offre.
Malgré ces défis, le secteur de la construction a affiché une performance positive en juillet, avec une croissance de 5 %, tirée par une augmentation de la consommation de ciment (4,4 %). CAPECO prévoit une croissance de 3 % pour le mois d’août, bien que des signes de faiblesse soient déjà perceptibles en raison d’une baisse de 1,4 % des travaux publics.
« Entre janvier et août, avec notre estimation, le secteur augmente de 4,9 %. C’est le meilleur résultat depuis 2018, laissant de côté le rebond de 2021. »
Guido Valdivia, vice-président exécutif de CAPECO
Concernant l’année électorale à venir, Valdivia estime que la croissance du secteur de la construction ne sera pas principalement tirée par l’investissement public, qui devrait rester limité, mais par l’investissement privé, en particulier dans le secteur immobilier. Il insiste sur la nécessité de maintenir un flux constant de nouveaux projets pour soutenir la croissance.
Enfin, il est important de noter que, bien que le budget d’investissement public dépasse les 70 000 millions de soles péruviennes (environ 18,3 millions d’euros), l’exécution des dépenses n’atteint à peine que 45 % en août, laissant plus de 22 000 millions de soles (environ 5,7 millions d’euros) non dépensés, principalement au niveau des gouvernements locaux.

CAPECO estime que la construction augmentera de 3% en août, accumulant son quatrième mois en hausse. Photo: GEC.