Publié le 1er octobre 2025 16h50. Face à une crise croissante de la santé mentale, notamment chez les jeunes, un groupe de parlementaires italiens plaide pour une refonte du système de soins et une augmentation significative des ressources.
- Environ 4 % du PIB italien est consacré à la santé mentale, mais plus de 2 millions de personnes n’ont pas accès aux soins dont elles ont besoin.
- Plus de 12 millions d’enfants et d’adolescents en Europe souffrent de troubles mentaux, avec une augmentation de l’anxiété et de la dépression chez les 15-19 ans.
- Les experts soulignent l’importance d’une approche globale, intégrant les services de santé et les actions de protection sociale, pour créer un véritable réseau d’assistance sur l’ensemble du territoire.
Une conférence organisée à Rome par l’intergroupe parlementaire “Une Santé Mentale”, présidé par le sénateur Ignazio Zullo, a mis en lumière les défis majeurs auxquels est confronté le système de santé mentale italien. Les participants ont insisté sur la nécessité d’investir davantage, d’améliorer l’organisation des soins et de placer les droits des patients au cœur des préoccupations.
Selon les données présentées, la santé mentale représente environ 4 % du produit intérieur brut (PIB) italien. Le nombre de personnes souffrant de troubles mentaux s’élève à 16 millions, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2022. Parmi celles-ci, environ 12 millions (75 %) sont touchées par l’anxiété et la dépression. Cependant, un pourcentage alarmant de 12,5 %, soit plus de 2 millions de personnes, se heurte à des obstacles pour accéder à une aide adéquate, en raison de la stigmatisation et des lacunes du système.
Le professeur Alberto Siracusano, président du Conseil Supérieur de la Santé et coordinateur de la table technique sur la santé mentale au ministère de la Santé, a souligné l’importance d’un changement culturel profond :
« Il s’agit d’un effort culturel qui concerne la santé italienne dans son ensemble, la santé, le bien-être, l’environnement, les relations… Autant d’éléments qui sont au cœur de l’épanouissement et, parfois, à l’origine des pathologies liées au malaise social. »
Alberto Siracusano, président du Conseil Supérieur de la Santé
L’urgence la plus pressante concerne la détresse psychologique des jeunes. Des données récentes publiées par l’UNICEF révèlent que plus de 12 millions d’enfants et d’adolescents dans l’Union européenne sont confrontés à des troubles mentaux. En particulier, 8 % des garçons âgés de 15 à 19 ans ont vécu un épisode d’anxiété et 4 % ont souffert de dépression.
Face à cette situation, le sénateur Zullo a insisté sur la nécessité d’une réorganisation complète du système d’assistance :
« Une priorité est la réorganisation de l’ensemble du système de prise en charge, tant au niveau des services que de la formation des professionnels. Il faut également combler les lacunes en termes de nombre de médecins, d’infirmières et de psychologues. Cela implique une intégration étroite entre les services de santé et les dispositifs de protection sociale, transformant l’ensemble du territoire en un véritable réseau d’assistance. »
Ignazio Zullo, sénateur et président de l’intergroupe “Une Santé Mentale”
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