Home Monde« Cultiver la résistance » : un document politique met à nu le soutien de Trump à l’extrême droite européenne | politique étrangère américaine

« Cultiver la résistance » : un document politique met à nu le soutien de Trump à l’extrême droite européenne | politique étrangère américaine

by Clara Dubois

Publié le 5 décembre 2025 à 15h37. L’administration américaine, sous l’égide de Donald Trump, accuse l’Europe de se diriger vers un déclin civilisationnel dans les deux prochaines décennies, invoquant l’immigration et l’intégration européenne comme facteurs clés. Ce constat s’accompagne d’un appel à soutenir les mouvements nationalistes d’extrême droite sur le continent.

  • La Stratégie de sécurité nationale américaine soutient explicitement les partis nationalistes d’extrême droite européens.
  • Le document dénonce les politiques migratoires, la perte d’identité nationale et les atteintes à la liberté d’expression en Europe.
  • L’administration Trump estime que les États-Unis doivent « cultiver la résistance » à la trajectoire actuelle de l’Europe.

Selon la Stratégie de sécurité nationale américaine, rendue publique jeudi soir, l’Europe est confrontée à un « effacement civilisationnel » potentiel dans les vingt prochaines années. Le document, dont la préface est signée par Donald Trump, pointe du doigt les politiques de l’Union européenne (UE) comme une source d’affaiblissement, notamment en matière de liberté politique et de souveraineté. Il critique également les politiques migratoires, qu’il accuse de transformer le continent, ainsi que la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique.

Le texte de 33 pages, qui reflète la vision du monde « America First » de Trump, semble cautionner la théorie du complot du « grand remplacement », selon laquelle les populations européennes seraient délibérément remplacées par des populations non européennes. Il estime qu’il est « plus que plausible » que certains pays européens, membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), deviendront majoritairement non européens d’ici quelques décennies.

L’administration américaine préconise une politique de soutien aux forces politiques européennes qui s’opposent à cette évolution. Elle appelle à « cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe au sein des nations européennes », tout en suggérant que l’Europe doit assumer une plus grande responsabilité dans sa propre défense et ouvrir ses marchés aux biens et services américains.

La publication de ce document a suscité une réaction immédiate en Allemagne. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré vendredi que les États-Unis restaient un allié vital en matière de sécurité, mais a souligné que les questions relatives à la liberté d’expression et à l’organisation de la société relevaient de la compétence des États européens.

« Nous nous considérons comme étant capables de discuter et de débattre de ces questions entièrement seuls à l’avenir, et n’avons pas besoin de conseils extérieurs. »

Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères

Ce document souligne l’alignement croissant de l’administration Trump avec les partis nationalistes d’extrême droite européens, qui critiquent souvent les politiques de l’UE et l’immigration. L’administration Trump a déjà cherché à renforcer ses liens avec ces partis, notamment avec l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), dont un haut responsable a été reçu à la Maison Blanche en septembre dernier.

Le document affirme également que les États-Unis doivent « défendre une véritable démocratie, la liberté d’expression et célébrer sans vergogne le caractère individuel et l’histoire des nations européennes », encourageant leurs alliés politiques à promouvoir un « renouveau d’esprit ». Il se montre optimiste quant à l’influence croissante des partis patriotiques européens.

Enfin, le document critique la faiblesse perçue de l’Europe face à la Russie, accusant les Européens de nourrir des « attentes irréalistes » quant à la guerre en Ukraine et de réprimer l’opposition politique. Il plaide pour une cessation rapide des hostilités en Ukraine, ce qui pourrait favoriser les ambitions territoriales de la Russie.

La publication de ce document intervient quelques heures après qu’Emmanuel Macron, président français, aurait averti son homologue ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, que les États-Unis pourraient « trahir l’Ukraine sur le territoire » en matière de garanties de sécurité.

Ce positionnement américain fait écho aux attaques idéologiques de JD Vance contre l’Europe lors de la conférence de Munich sur la sécurité, où le vice-président américain a accusé les dirigeants européens de supprimer la liberté d’expression et de ne pas maîtriser l’immigration illégale.

Malgré ces critiques, le document reconnaît que l’Europe reste « stratégiquement et culturellement vitale » pour les États-Unis, notamment en raison de l’importance du commerce transatlantique pour l’économie mondiale. Il souligne également la nécessité d’une Europe forte pour contrer les adversaires et maintenir la compétitivité américaine.

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