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Dans le film suisse «Cosmos», un voyage au Mexique pour se réconcilier avec la mort

Le cinéaste suisse Germinal Roaux a présenté son troisième long-métrage, Cosmos, un voyage méditatif tourné au Mexique. Le film, qui explore la relation entre un saunier maya et une femme de lettres, a reçu une mention spéciale au…

L'authenticité d'Andrés Catzin face à l'icône Ángela Molina

Le cinéaste suisse Germinal Roaux a présenté son troisième long-métrage, Cosmos, un voyage méditatif tourné au Mexique. Le film, qui explore la relation entre un saunier maya et une femme de lettres, a reçu une mention spéciale au FIFDH de Genève et le soutien remarqué du réalisateur Wim Wenders.

L’œuvre s’installe dans la province du Yucatán, loin des clichés du cinéma helvétique. On y suit Leon, un gardien maya des secrets de la nature, dont la modeste demeure est menacée par la construction d’une route. C’est dans ce contexte de perte et de fatalisme que son chemin croise celui de Lena, une femme de lettres venue de Mexico. Malgré des mondes opposés, une connexion profonde s’établit entre eux. Le Temps rapporte que le film utilise cette rencontre pour aborder la fin de vie de manière simple et profonde, transformant un drame social en une quête de réconciliation avec la mort.

L’authenticité d’Andrés Catzin face à l’icône Ángela Molina

L'authenticité d'Andrés Catzin face à l'icône Ángela Molina
Photo: Watson
Le casting de Cosmos repose sur un contraste saisissant. D’un côté, on retrouve Ángela Molina, muse emblématique de Luis Buñuel et figure respectée du cinéma d’auteur ayant collaboré avec Pedro Almodóvar ou Ridley Scott. De l’autre, le réalisateur a fait un choix radical pour le rôle de Leon. Andrés Catzin n’est pas acteur. Agriculteur modeste issu d’une famille de paysans mayas, il a grandi dans la jungle sans jamais avoir vu un seul film de sa vie avant cette expérience. Selon Watson, cette rencontre a été si décisive que Germinal Roaux a réécrit son scénario autour de lui pour capturer une authenticité organique. Ce choix transforme le film. On ne regarde plus une performance, mais une présence.

Un langage visuel ancré dans la photographie

Un langage visuel ancré dans la photographie
Photo: rts.ch
Photographe de métier, Germinal Roaux transpose son œil de reporter à l’écran. Il conserve une signature visuelle stricte : le noir et blanc et un format presque carré (4:3). Cette direction artistique, déjà présente dans ses œuvres précédentes, crée une atmosphère intemporelle qui s’éloigne du naturalisme pour tendre vers la poésie. Le parcours du cinéaste lausannois suit une progression cohérente dans l’exploration des thèmes sociaux et spirituels :
  • Left Foot Right Foot (2013) : Premier long-métrage.
  • Fortuna (2018) : Un film sur l’immigration, tourné dans le décor glacial du Grand-Saint-Bernard.
  • Cosmos (2026) : Un voyage dans la jungle luxuriante du sud-est mexicain.
Le passage des Alpes au Yucatán marque une évolution géographique, mais pas stylistique. Le noir et blanc reste l’outil privilégié pour dépouiller le récit de tout artifice.

Le premier fruit des accords cinématographiques Suisse-Mexique

Le film du voyage au Mexique
Au-delà de l’aspect artistique, Cosmos possède une dimension diplomatique. Comme le souligne Watson, il s’agit de la première coproduction issue des accords de coopération cinématographique signés entre la Suisse et le Mexique en 2018. Ces accords font désormais du Mexique le deuxième partenaire extra-européen de la Suisse, après le Canada. Le film, coproduit par la RTS, témoigne de cette volonté de renforcer les collaborations culturelles internationales.

Un film qui a failli disparaître avant l’éloge de Wim Wenders

Un film qui a failli disparaître avant l'éloge de Wim Wenders
Le chemin vers les salles n’a pas été linéaire. Le tournage dans le sud du Mexique a été difficile et, Le Temps précise que le projet a bien failli disparaître purement et simplement. Lancé discrètement au festival de Thessalonique fin 2024, le film a été sauvé par une critique française largement élogieuse. Le soutien le plus prestigieux est venu de Wim Wenders. Le cinéaste allemand, dont l’œuvre Les Ailes du désir avait initialement poussé Germinal Roaux vers la réalisation, a gratifié le film d’une recommandation officielle. Cosmos m’a émerveillé ! Wim Wenders, cinéaste Cette reconnaissance, ajoutée à la mention spéciale du jury au FIFDH de Genève, place Cosmos comme l’une des œuvres les plus singulières du cinéma suisse actuel. En s’éloignant des comédies familiales ou des films sociaux classiques, Roaux propose une réflexion sur la résilience et la spiritualité. Le film est désormais visible en salles, marquant l’aboutissement d’un processus long et ardu pour un auteur qui, à 50 ans, s’est déjà lancé dans un nouveau projet.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.