Publié le 4 novembre 2025 à 20h38. Malgré une défaite amère en sept manches face aux Dodgers, les Blue Jays de Toronto ont laissé une impression durable, notamment grâce à l’engagement total et aux performances défensives remarquables de joueurs comme Daulton Varsho.
Quelques jours après une Série mondiale haletante, qui restera gravée dans les mémoires comme l’une des plus palpitantes du XXIe siècle, un sentiment inattendu émerge : le regret de voir cette équipe des Blue Jays disparaître. Au-delà des exploits de Vladimir Guerrero Jr. et de la fougue de Bo Bichette et George Springer, c’est un joueur moins flamboyant qui incarne pour beaucoup l’esprit combatif de cette équipe : Daulton Varsho.
Varsho n’a peut-être pas été le contributeur offensif le plus prolifique de Toronto, affichant un wRC+ de 97, mais il a ponctué les séries éliminatoires de moments clés. Ses quatre coups sûrs, dont deux circuits, lors de la série ALDS contre les Yankees, et son home run décisif en quatrième manche du premier match des World Series contre Blake Snell, ont annoncé la détermination des Blue Jays à ne pas céder facilement. Cependant, c’est son attitude et son engagement qui ont marqué les esprits.
Même le baserunning agressif, parfois risqué, des Blue Jays – qui a finalement contribué à leur défaite – n’a fait qu’accroître l’admiration pour cette équipe. Dans un baseball de plus en plus axé sur l’optimisation et la prévisibilité, les Blue Jays ont osé prendre des risques, une qualité rare et appréciable.
L’analyste Sam Miller a d’ailleurs résumé à merveille l’état d’esprit de cette équipe :
« Si jamais je dresse un classement des équipes qui se sont battues avec acharnement, les Blue Jays de 2025 seront en tête, et de loin. »
Sam Miller, @sammillerbb.bsky.social
Varsho est un athlète totalement dévoué, une menace constante sur le terrain. Son parcours atypique – fils d’un ancien joueur et entraîneur de la ligue majeure, nommé d’après un receveur, et passé d’un espoir prometteur au poste de receveur à un voltigeur de calibre Gold Glove – en fait un joueur unique.
Les Dodgers ont éliminé les Brewers en NLCS, mais les Brewers auraient pu prendre l’avantage à certains moments. Un exemple frappant est celui de Brice Turang, joueur de deuxième but des Brewers, qui s’est retrouvé dans la situation inhabituelle de devoir signaler qu’il ne serait pas touché par un lancer de Blake Treinen lors du premier match de la NLCS. Match 1 du NLCS.
Varsho, lui, n’a été touché qu’une seule fois en 271 apparitions au marbre lors de la saison régulière 2025. Il a été atteint deux fois en sept matchs des World Series, dont un tir au corps de Snell lors du premier match qui a préparé le terrain pour une sixième manche explosive de neuf points.
Mais c’est en défense que Varsho a véritablement brillé. Il a réalisé 49 retraits lors des séries éliminatoires, soit 11 de plus que tout autre voltigeur. Bien que ce chiffre soit en partie dû au nombre de matchs disputés par les Blue Jays (deux séries de sept matchs) et aux changements de composition du champ extérieur des Dodgers, certains de ses retraits ont été tout simplement spectaculaires.
Voici un aperçu des six meilleures actions défensives de Varsho lors des séries éliminatoires :
N°6 : Sauter, sauter et sauter
Varsho n’a pas volé de circuit en séries éliminatoires, mais cette capture illustre sa capacité à lire la balle dès le départ et à réagir rapidement.
N°5 : L’opérateur fluide
Varsho a été particulièrement actif défensivement lors de la Série mondiale, effectuant cinq retraits lors du Jeu 3.
N°4 : Je l’ai eu jusqu’au bout
Une excellente lecture et une belle intervention sur une balle frappée devant lui.
N°3 : Là, mais pour Taller Turf, Go I
Une prise spectaculaire, bien que Varsho ait légèrement mal lu la trajectoire de la balle.
N°2 : Passer à l’horizontale dans le jeu 7
Cette prise, une plongeon spectaculaire pour voler un coup sûr à Teoscar Hernández, aurait pu être décisive.
N°1 : La quadrilogie extra-manche du jeu 3
Quatre jeux en un, illustrant parfaitement l’engagement de Varsho. À chaque fois, il a privé les Dodgers du moment triomphal qu’ils attendaient. Freddie Freeman a frappé 18 balles volantes en trois matchs des séries éliminatoires, et Varsho en a attrapé neuf, dont cinq sur la piste d’avertissement.
Si Guerrero a dominé les séries éliminatoires par sa volonté, Varsho était son alter ego défensif, toujours présent pour récupérer les balles perdues et réaliser les jeux cruciaux. Même si son impact risque d’être oublié avec le temps, il mérite d’être salué pour son engagement et son esprit de sacrifice.
