Home MondeDavid Bowie : 1976, l’album “Station to Station”, cinquante ans après

David Bowie : 1976, l’album “Station to Station”, cinquante ans après

by Clara Dubois

À l’automne 1975, alors qu’il touchait au sommet de la gloire, David Bowie sombrait dans une profonde crise personnelle, alimentée par la drogue et la désillusion. Cette période sombre, paradoxalement, donnera naissance à l’un de ses albums les plus marquants : Station to Station, dont une nouvelle édition vinyle limitée vient d’être publiée.

L’artiste britannique, qui avait rêvé de la célébrité, se retrouva dégoûté par celle-ci, selon son futur pianiste, Roy Young : « Bowie avait rêvé d’être célèbre, d’être le gars qu’on poursuit dans la rue, que tout le monde veut toucher et qui fait hurler les filles, mais quand ça lui est arrivé, ça l’a dégoûté. » Il avait certes atteint son but, notamment avec le succès de son titre « Fame » en 1975, fruit d’une collaboration avec John Lennon, mais à quel prix ?

Bowie venait de rompre brutalement avec son manager, Tony DeFries, qui avait, selon lui, abusé de sa position pour s’enrichir. De plus, son divorce d’avec Angie Bowie était récent, cette dernière lui reprochant de ne pas avoir tenu sa promesse de lancer sa propre carrière. Installé à Los Angeles, il se replia sur lui-même, menant une vie nocturne et autodestructrice.

L’artiste sombrait dans une consommation excessive de cocaïne. Il avouera plus tard consommer en moyenne sept grammes par jour. Dans un Los Angeles qu’il décrivait comme un lieu où l’on vous tendait une cuillère de cocaïne plutôt qu’une poignée de main, Bowie partageait sa vie avec Glenn Hugues, bassiste et chanteur de Deep Purple, avec qui il entretenait une relation platonique, mais aussi de mauvaises habitudes.

C’est dans ce contexte qu’il entreprit l’enregistrement de son prochain album aux studios Cherokee, à Hollywood, un studio réputé pour son équipement de pointe et son fonctionnement continu, supervisé par l’ingénieur du son Harry Maslin, habitué à travailler avec des légendes comme Jimi Hendrix et Frank Zappa.

L’équipe musicale s’articulait autour de Carlos Alomar, le nouveau guitariste de Bowie, qui lui fit découvrir la nouvelle scène soul américaine, émergeant des discothèques de New York et Philadelphie. La section rythmique était assurée par le bassiste George Murray et le batteur Dennis Davis, tous deux issus du milieu du funk-jazz new-yorkais, ayant collaboré avec le vibraphoniste Roy Ayers.

De cette collaboration multi-raciale naquit Station to Station, publié début 1976. Un album qui marque un tournant dans la carrière de Bowie, cristallisant le contraste entre son apparence froide et la chaleur de sa musique, un paradoxe qui continue de fasciner encore aujourd’hui. La sortie de cette nouvelle édition vinyle constitue une occasion de replonger dans cet album singulier et de célébrer l’héritage de David Bowie.

Playlist :

  • David Bowie : « Golden Years – 2016 Remaster » (album Station to Station)
  • « TVC 15 – 2016 Remaster » (album Station to Station)
  • « Word on a Wing – Moonage Daydream Mix » (album Moonage Daydream – A Brett Morgen Film)
  • « Station to Station – Live, 2017 ; Remaster » (album Stage)
  • « Stay -Live, 2017 ; Remaster » (album Stage)
  • « Wild Is the Wind – 2016 Remaster » (album Station to Station)
  • « It’s Hard to Be a Saint in the City » (album Sound + Vision)

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