Publié le 31 décembre 2025 à 20h00. Une étude génétique d’envergure révèle que la plupart des races de chiens, même les plus domestiquées, conservent des traces d’ascendance lupine, témoignant de croisements continus entre chiens et loups bien après le début de la domestication.
- Près des deux tiers des chiens de race pure présentent de faibles fragments d’ADN de loup, souvent indétectables avec les méthodes génomiques antérieures.
- Les chiens errants, vivant en liberté, montrent des niveaux d’ascendance lupine encore plus élevés, suggérant une origine plus ancienne de ces croisements.
- L’étude identifie une possible adaptation liée à l’odorat chez les chiens errants, avec une concentration d’allèles de loup impliqués dans la transduction olfactive.
Des chercheurs ont analysé des milliers de génomes canins anciens et modernes pour révéler une histoire génétique plus complexe que ce que l’on pensait. L’étude, publiée dans la revue PNAS, démontre que le flux génétique entre les loups et les chiens s’est poursuivi pendant des siècles, laissant des traces subtiles mais persistantes dans l’ADN des chiens actuels.
L’analyse a porté sur 2 693 génomes de chiens et de loups, anciens et contemporains. Les approches génomiques traditionnelles avaient souvent conclu à la rareté des croisements entre loups et chiens après la domestication. Cependant, en utilisant des méthodes plus sensibles, capables de détecter l’ascendance dans de courts segments d’ADN, les chercheurs ont découvert que 64,1 % des chiens de race pure présentent une ascendance lupine détectable, représentant en moyenne environ 0,14 % de leur génome nucléaire.
Ce motif semble ancien. Les segments d’ADN dérivés du loup chez la plupart des chiens sont courts, ce qui indique un mélange survenu il y a des centaines, voire un millier de générations. En revanche, les segments d’ascendance canine chez les loups modernes sont plus longs, suggérant des croisements plus récents entre chiens et loups sauvages.
L’étude a également examiné 280 chiens errants, vivant en liberté dans ou à proximité des zones habitées. Tous présentaient une ascendance lupine, et à des niveaux plus élevés en moyenne que les chiens de race pure. Les fragments d’ADN de loup étaient également plus courts chez ces chiens, ce qui suggère une origine plus ancienne de ces croisements.
Une analyse plus approfondie a révélé que les régions génomiques liées à l’odorat étaient particulièrement enrichies en ascendance lupine chez les chiens errants. Les chercheurs interprètent cela comme un possible cas d’introgression adaptative, où les gènes du loup liés à l’odorat pourraient avoir aidé les chiens en liberté à localiser plus efficacement la nourriture. Étude publiée dans PNAS.
L’étude a également mis en évidence une faible, mais statistiquement significative, corrélation entre l’ascendance lupine et la taille corporelle des chiens. Les niveaux moyens étaient plus élevés chez les chiens de traîneau arctiques et dans certaines catégories de races utilisées pour la chasse. De plus, les standards de race décrivaient les races ayant une ascendance lupine plus élevée comme étant plus méfiantes envers les étrangers, tandis que les races avec une ascendance lupine plus faible étaient décrites comme plus amicales. Cependant, les auteurs soulignent que ces descripteurs sont subjectifs et que l’étude ne peut pas prouver un lien de causalité direct entre l’ADN du loup et les traits comportementaux.
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