Publié le 27 novembre 2024 14:34:00. Des chercheurs australiens ont dévoilé des images inédites et extrêmement précises du virus de la fièvre jaune, une avancée qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux vaccins et traitements contre cette maladie tropicale mortelle.
- Des images à haute résolution révèlent des différences structurelles clés entre la souche vaccinale et les souches pathogènes du virus.
- La souche vaccinale présente une surface lisse, tandis que les souches virulentes sont irrégulières, ce qui influence la réponse immunitaire.
- Cette découverte pourrait également avoir des implications pour le développement de vaccins contre d’autres virus apparentés, comme la dengue, le Zika et le virus du Nil occidental.
La fièvre jaune, une infection transmise par les moustiques, reste une menace sérieuse pour la santé publique en Afrique et en Amérique du Sud. Bien qu’un vaccin efficace existe, l’absence de traitement antiviral spécifique rend la prévention cruciale. Une équipe de l’Université du Queensland (UQ) a franchi une étape importante dans la compréhension de ce virus en produisant les premières images détaillées à haute résolution de sa structure.
Ces images, obtenues grâce à la cryo-microscopie électronique, permettent d’observer le virus avec un niveau de détail proche de l’échelle atomique. Les chercheurs ont utilisé une plateforme virale innovante, appelée Binjari, développée à l’UQ, pour créer des particules virales sûres à étudier. En combinant les gènes structurels de la fièvre jaune avec un virus Binjari inoffensif, ils ont pu visualiser le virus sans risque.
L’analyse de ces images a révélé des distinctions frappantes entre la souche vaccinale (YFV-17D) et les souches responsables des formes graves de la maladie. Selon le Dr Summa Bibby, de l’École de chimie et de bioscience moléculaire de l’UQ :
« La souche vaccinale semble lisse et stable en surface, tandis que la souche virulente a un extérieur texturé sensiblement inégal. »
Dr Summa Bibby, École de chimie et de bioscience moléculaire de l’UQ
Cette différence de texture a un impact direct sur la manière dont le système immunitaire reconnaît le virus. Les souches virulentes, avec leur surface irrégulière, exposent des parties du virus normalement cachées, facilitant ainsi l’attachement des anticorps. À l’inverse, les particules du vaccin maintiennent ces régions protégées, rendant leur reconnaissance plus difficile. Le Dr Bibby explique :
« La surface plus bosselée et irrégulière des souches virulentes expose des parties du virus qui sont normalement cachées, permettant à certains anticorps de s’attacher plus facilement. Les particules lisses du vaccin maintiennent ces régions couvertes, les rendant plus difficiles à atteindre pour des anticorps particuliers. »
Dr Summa Bibby, École de chimie et de bioscience moléculaire de l’UQ
Le professeur Daniel Watterson souligne l’importance de ces découvertes pour l’avenir de la recherche sur la fièvre jaune et d’autres orthoflavivirus.
« Le vaccin contre la fièvre jaune reste efficace contre les souches modernes et voir le virus avec autant de détails nous permet de mieux comprendre pourquoi la souche vaccinale se comporte comme elle le fait. Nous pouvons désormais identifier les caractéristiques structurelles qui rendent le vaccin actuel sûr et efficace. Les résultats pourraient même éclairer la conception de futurs vaccins contre des virus apparentés comme la dengue, le Zika et le virus du Nil occidental. »
Professeur Daniel Watterson
Ces travaux, publiés dans la revue Communications Nature, ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de vaccins et d’antiviraux plus efficaces contre la fièvre jaune et d’autres maladies virales tropicales.
À ne pas manquer
