Publié le 1er décembre 2025. La réalité virtuelle s’impose comme un outil prometteur dans le traitement des troubles mentaux, offrant aux patients une nouvelle voie vers la guérison et aux thérapeutes des méthodes innovantes pour accompagner leur rétablissement.
- La réalité virtuelle permet aux patients de poursuivre leur thérapie à domicile, en complément des séances en cabinet.
- Les patients témoignent de l’accessibilité et de l’efficacité de cette approche, notamment pour surmonter des peurs et des traumatismes.
- Les professionnels de santé soulignent l’importance de la formation et de l’expérimentation pour intégrer pleinement la réalité virtuelle dans leur pratique.
Birgit Booij, psychologue clinicienne libérale spécialisée dans les traumatismes complexes et les troubles de la personnalité, est l’une des pionnières de l’utilisation de la réalité virtuelle (VR) dans son cabinet. Passionnée par la psychologie, elle a toujours été curieuse des nouvelles technologies, allant du démontage d’ordinateurs à l’exploration des dernières lunettes de réalité virtuelle.
C’est lors d’une conférence sur l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing – Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) qu’elle a découvert le potentiel de la VR. L’expérience a été renforcée par la découverte d’un protocole EMDR autonome en réalité virtuelle, lui permettant d’envisager une continuité des soins à domicile. « Une fois que le niveau de tension du patient est descendu à 5 (sur une échelle non précisée), les étapes restantes du traitement peuvent être réalisées à la maison », explique-t-elle.
Le système est conçu pour une utilisation appropriée par les professionnels. Les exercices d’exposition simples peuvent être supervisés par un professionnel de santé mentale (POH-ggz), tandis que les modules EMDR nécessitent une formation EMDR préalable. Cette approche permet de traiter simultanément des peurs simples et des traumatismes complexes. Par exemple, un patient souffrant d’émétophobie (peur de vomir) peut travailler sur cette phobie tout en abordant des traumatismes plus profonds avec l’aide du thérapeute.
Une patiente de Birgit témoigne de son expérience :
« Travailler avec certaines expériences et certains sentiments dans mon propre environnement était très agréable et accessible. Ayant déjà eu plusieurs séances avec Birgit, j’étais préparée à l’utilisation de la réalité virtuelle et à la manière dont l’EMDR fonctionnait. Birgit m’avait bien expliqué comment utiliser les lunettes VR. J’ai été surprise de constater que, lors de séances relativement courtes d’environ une demi-heure, la tension liée à certaines expériences avait déjà diminué. »
Patiente de Birgit Booij
Elle ajoute que la réalité virtuelle l’a aidée à poursuivre son rétablissement de manière autonome :
« J’ai vécu les expériences les plus intenses avec Birgit lors des séances classiques. Pour les expériences moins intenses, et après avoir suivi l’EMDR avec Birgit pendant un certain temps, j’ai beaucoup apprécié les lunettes VR. Cela m’a permis de compléter ma liste d’expériences à traiter et je peux dire que j’ai “terminé” toutes celles que j’avais notées avant le début du traitement. Cela a grandement contribué à mon rétablissement. »
Patiente de Birgit Booij
Birgit Booij constate que la plupart de ses patients sont enthousiastes face à cette nouvelle approche. L’âge ou les compétences numériques ne sont pas des obstacles majeurs, les préférences personnelles étant plus déterminantes. La possibilité de commencer l’exploration de la VR en cabinet facilite l’adoption, et l’interface intuitive permet à la plupart des patients de l’utiliser rapidement.
Au-delà des exercices d’exposition, la réalité virtuelle offre des possibilités de relaxation et de respiration. Elle peut également réduire les stimuli sociaux, favorisant ainsi la concentration. Les patients se retrouvent littéralement plongés dans leur propre monde.
Birgit souligne que les traitements en réalité virtuelle sont souvent plus courts. Les patients ont plus de contrôle et les devoirs à domicile deviennent plus variés et plus motivants. Le seuil pour travailler de manière autonome est ainsi abaissé.
Elle insiste sur le fait que la réalité virtuelle ne remplace pas la pratique dans la vie réelle. L’objectif ultime reste que les patients affrontent les défis quotidiens. La réalité virtuelle peut servir de tremplin sûr et précieux lorsque la pratique directe n’est pas encore possible. Par exemple, un patient souffrant de peur des transports en commun peut s’entraîner à prendre le bus en réalité virtuelle, entouré de passagers virtuels. Dès que le patient constate que ses appréhensions ne se réalisent pas dans le monde virtuel, il est encouragé à faire le pas dans la réalité. La VR peut également offrir une alternative précieuse pour des situations impossibles à reproduire en pratique, comme la simulation de violences domestiques.
Pour les professionnels de santé hésitants, Birgit a un conseil simple : essayez. Elle estime que les appréhensions concernant l’utilisation de la VR sont souvent plus fortes chez les thérapeutes que chez les patients. Elle recommande donc de découvrir par soi-même les possibilités offertes par la réalité virtuelle. « Comme une présentation Tupperware, il faut prendre les lunettes, les tester et explorer les possibilités », dit-elle. Elle souligne l’importance de se tenir informé des évolutions technologiques, d’évaluer les coûts et de rechercher constamment des améliorations. Les professionnels travaillant avec la réalité virtuelle peuvent également fournir des retours précieux aux développeurs pour améliorer les applications.
Birgit Booij envisage un avenir prometteur pour la réalité virtuelle dans les soins de santé mentale, avec des applications potentielles dans le diagnostic, l’hypnose médicale et la pleine conscience. Elle voit également des opportunités pour des applications spécifiques à chaque culture, permettant aux patients de travailler dans leur propre langue et sans honte.
« Il est désormais possible de placer virtuellement un enfant atteint de TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) dans une salle de classe et d’ajouter progressivement des stimuli. Cela permet de déterminer combien de temps l’enfant peut se concentrer sur une tâche. Les possibilités sont en constante expansion et j’attends avec impatience les nouvelles applications. Les lunettes peuvent également être de plus en plus personnalisées, permettant de simuler des agresseurs avec des caractéristiques précises, comme un sweat à capuche noir et une barbe. »
Elle espère que la technologie restera ou deviendra abordable, afin que de nombreux patients puissent bénéficier de ces innovations majeures.
Pour en savoir plus : Norme de soins en matière de soins numériques et Learning Network Traitement de réalité virtuelle.
Source : akwaggz.nl
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