Publié le 15 janvier 2024 à 19h23. Le jeûne intermittent, une pratique alimentaire de plus en plus populaire, pourrait influencer non seulement la perte de poids, mais aussi le fonctionnement du cerveau et l’équilibre de la flore intestinale, selon de récentes études.
- Le jeûne intermittent favorise la perte de poids en réduisant la résistance à l’insuline et en encourageant l’utilisation des graisses comme source d’énergie.
- Une étude chinoise révèle une corrélation entre le jeûne intermittent, des modifications de l’activité cérébrale et une évolution de la composition du microbiome intestinal.
- Bien que prometteur, le jeûne intermittent doit être pratiqué avec l’accompagnement d’un professionnel de santé pour éviter les risques de malnutrition ou de troubles alimentaires.
De nombreuses personnes se tournent vers le jeûne intermittent comme stratégie pour perdre du poids et améliorer leur santé. Cette approche consiste à alterner des périodes de prise alimentaire et de jeûne, avec des méthodes variées comme la méthode 16/8 (16 heures de jeûne, 8 heures pour manger) ou le jeûne un jour sur deux. Les bénéfices potentiels de cette pratique ne se limitent pas à la simple perte de poids, comme le soulignent les recherches récentes.
« De nombreuses études ont été menées comparant le jeûne intermittent et la perte de poids. Et oui, le jeûne peut favoriser la perte de poids, car, en plus de provoquer une restriction ou un déficit calorique quotidien, il contribuera à réduire la résistance à l’insuline », explique le Dr Victor Lamônica, oto-rhino-laryngologiste et diplômé en médecine intégrative, orthomoléculaire et médecine du sport.
Une étude chinoise, publiée dans la revue scientifique Frontières de la microbiologie cellulaire et infectieuse, a mis en évidence des liens entre le jeûne intermittent, la perte de poids et des changements significatifs dans le cerveau et le microbiome intestinal. L’étude, intitulée « Altérations dynamiques de la fonction cérébrale et du microbiome intestinal lors de la perte de poids », a permis d’identifier les régions cérébrales et les espèces bactériennes intestinales qui réagissent à ce type de régime, révélant une interaction dynamique entre ces deux éléments.
« Les changements observés prouvent la connexion dans l’axe intestin-cerveau, dans lequel on ne sait toujours pas avec certitude qui influence qui, mais les changements dans l’activité cérébrale – détectés par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle – se sont produits dans des régions qui agissent dans la régulation de l’appétit et de la dépendance, qui se produisent dans la région cérébrale du gyrus orbitaire frontal inférieur », précise le Dr Fernando Gomes, neurochirurgien, neuroscientifique et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de São Paulo.
Les chercheurs suggèrent que le microbiome intestinal communique avec le cerveau de manière complexe et bidirectionnelle, en produisant des neurotransmetteurs et des neurotoxines qui atteignent le cerveau via les nerfs et la circulation sanguine. Selon le Dr Lamônica, lorsque l’insuline est basse, en raison du jeûne, le corps utilise les graisses comme source d’énergie, ce qui contribue à réduire le pourcentage de graisse corporelle totale.
L’étude chinoise a suivi 25 volontaires obèses pendant 62 jours, tous suivant un régime de jeûne intermittent. Les participants ont perdu en moyenne environ 7 kg, soit près de 8 % de leur poids corporel. De plus, le jeûne intermittent a été associé à une amélioration des paramètres cliniques liés à l’obésité, tels que la tension artérielle, le cholestérol total et la glycémie.
Les résultats de l’étude chinoise indiquent également que le jeûne intermittent peut réduire l’activité des régions du cerveau impliquées dans le comportement alimentaire, ce qui pourrait faciliter la perte et le maintien du poids. Cependant, il est crucial de souligner que le jeûne intermittent doit être mis en œuvre sous la supervision d’un médecin et/ou d’un nutritionniste.
« Le jeûne intermittent est une méthode de perte de poids qui est, dans la plupart des cas, rapide et sûre pour les personnes ayant un profil métabolique adaptable au jeûne », explique la nutritionniste Dr Marcella Garcez, directrice de l’Association brésilienne de nutrologie. Néanmoins, une pratique inappropriée, sans avis médical, peut entraîner des risques pour la santé.
« Les risques augmentent considérablement lorsque le jeûne intermittent est pratiqué sans surveillance, car les gens restent pendant de longues périodes sans manger et, pendant les périodes où ils mangent, ils le font de manière inappropriée », avertit le Dr Garcez. Sans précautions, le jeûne peut provoquer une malnutrition, une déshydratation, une hypoglycémie, une faiblesse musculaire et des difficultés de concentration, et même augmenter le risque de troubles alimentaires tels que l’hyperphagie boulimique, la boulimie et l’anorexie.
L’étude a également révélé une augmentation de la richesse et de la diversité microbiennes intestinales chez les personnes obèses qui jeûnaient par intermittence. Selon le Dr Gomes, cela s’explique par l’impact du régime alimentaire sur la quantité de bactéries présentes dans la flore intestinale. Le système digestif, selon lui, fonctionne comme un véritable « cerveau », sensible aux changements dans les habitudes alimentaires et reflétant les caractéristiques des bactéries qui le peuplent.
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