Publié le 7 janvier 2026 à 09h00. Des troubles cognitifs, souvent discrets au début, peuvent signaler une usure du cerveau, notamment du lobe frontal, mais il est possible d’agir précocement pour préserver ses capacités mentales.
- La déficience cognitive peut se manifester de manière progressive ou soudaine, affectant les activités quotidiennes.
- Le lobe frontal, essentiel aux fonctions exécutives, tend à diminuer avec l’âge, mais cette évolution varie selon les individus.
- Cinq signes avant-coureurs peuvent alerter sur un début de détérioration cognitive : perte de flexibilité, difficultés de langage, oublis fréquents, désorientation et incapacité à effectuer plusieurs tâches simultanément.
Une analyse récente publiée par The Telegraph met en lumière l’importance de reconnaître les premiers signes de déclin cognitif, liés à l’usure du lobe frontal, une région cérébrale cruciale pour la planification, l’organisation et la régulation du langage. Le Dr Ben Parris, professeur de cognition et de neurosciences cognitives à l’Université de Bournemouth, souligne qu’une intervention précoce peut faire la différence.
Le lobe frontal, situé derrière le front, concentre des compétences essentielles. Avec le temps, cette zone a tendance à s’affaiblir, mais le rythme de cette diminution varie considérablement d’une personne à l’autre. Une déficience du lobe frontal n’est pas synonyme de démence, mais certaines maladies neurodégénératives peuvent accélérer ce processus.
Selon le Dr Parris, certaines personnes de plus de 60 ans parviennent à maintenir cette région en bon état. L’élément clé réside dans la détection précoce des changements et la compréhension des capacités qui commencent à faiblir. Il a identifié cinq signes avant-coureurs permettant de reconnaître un début de détérioration cognitive.
Le premier signe est lié à la perte de flexibilité cognitive, c’est-à-dire la difficulté à passer d’une tâche à une autre sans perdre le fil. Des activités quotidiennes comme cuisiner tout en conversant peuvent devenir source de confusion. La personne met plus de temps à répondre, se laisse facilement distraire et a besoin de plus de temps pour s’adapter.

L’analyse du Dr Parris décrit des situations où une action automatique se poursuit sans but apparent, comme remuer une casserole sans tenir la cuillère. Ce comportement témoigne d’un problème précoce avec les fonctions exécutives.
L’omission répétée de mots dans une phrase est un autre signal d’alerte. Si des erreurs peuvent survenir en raison de la fatigue ou de la distraction, leur fréquence accrue peut indiquer une défaillance de l’inhibition de la réponse, une fonction qui permet de bloquer les informations non pertinentes.
Lorsque cette capacité est affaiblie, le cerveau a du mal à retenir un mot jusqu’au moment opportun pour le prononcer. L’expert précise que cette altération du langage peut être l’un des premiers signes de démence.
Le remplacement de mots par d’autres similaires fait également partie des troubles cognitifs. En essayant de dire « fourchette », on peut prononcer « cuillère » ou « couteau ». Au fur et à mesure que le problème s’aggrave, les mots de substitution s’éloignent du concept original.

La fréquence et la distance sémantique entre le mot recherché et le mot prononcé permettent d’évaluer la gravité de la déficience. Ces phénomènes sont liés à des difficultés d’inhibition de la réponse et de contrôle du langage.
Oublier son portefeuille en allant faire les courses ou repartir sans un article essentiel signale un problème de mémoire de travail, responsable de la conservation et de la manipulation des informations à court terme. Planifier un achat implique de considérer le lieu, l’itinéraire et le moyen de paiement, une séquence qui s’effectue généralement automatiquement.
Ces oublis peuvent survenir occasionnellement sans être le signe d’une pathologie. Le Dr Parris précise que leur répétition et leur fréquence accrue justifient une consultation médicale, car elles peuvent anticiper une détérioration plus importante.
Se perdre dans les allées d’un magasin ou perdre la trace des produits à acheter constitue une forme de désorientation, liée à une détérioration conjointe de la mémoire à court terme et de la mémoire spatiale.

Des études citées par le spécialiste ont montré que des personnes atteintes de troubles cognitifs avaient tendance à suivre des itinéraires incohérents dans un centre commercial, contrairement à celles dont les fonctions cognitives étaient intactes. Ce type de comportement reflète des difficultés à s’orienter dans l’environnement et à organiser des séquences d’actions quotidiennes.
L’expert recommande de consulter son médecin traitant si ces symptômes affectent la vie quotidienne ou s’aggravent avec le temps. Il souligne également l’importance de tenir compte des inquiétudes des proches, même si la personne concernée ne perçoit pas le problème, une situation connue sous le nom d’anosognosie.
Les évaluations comprennent des tests de mémoire, tels que le test de Stroop et le test de Corsi, ainsi que des examens d’imagerie pour détecter une réduction du lobe frontal ou des lésions associées à d’autres pathologies.
En matière de prévention, il n’existe pas de méthode miracle. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, une consommation modérée d’alcool, une stimulation intellectuelle, une vie sociale active et un contact avec la nature sont associés à une meilleure santé cognitive et à un ralentissement du déclin. Ces habitudes peuvent améliorer la qualité de vie et l’autonomie des personnes âgées.
Sur le même sujet
