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dépistage gratuit, médicaments à faible coût et prévention précoce

by Sophie Martin

Publié le 27 décembre 2025 à 19h31. Une vaste étude clinique, impliquant 16 000 participants en Espagne et au Danemark, vise à dépister l’athérosclérose, principale cause de maladies cardiovasculaires, avant l’apparition de symptômes, grâce à des technologies d’imagerie de pointe.

  • L’étude React recrutera 8 000 personnes en bonne santé en Espagne pour identifier les premiers signes de la maladie.
  • Des examens cardiaques sophistiqués, habituellement coûteux, seront offerts gratuitement aux participants.
  • L’objectif est de tester une approche préventive intensive pour inverser la progression de l’athérosclérose.

L’athérosclérose, une maladie silencieuse qui se caractérise par le dépôt progressif de graisse et de cholestérol dans les artères, est la première cause de mortalité dans le monde, responsable d’environ 20 millions de décès chaque année. Souvent, les premiers signes de la maladie passent inaperçus, même chez des personnes se sentant en parfaite santé. Une étude antérieure menée par le Centro Nacional de Investigaciones Cardiovasculares (CNIC) auprès de plus de 4 000 employés de Banco Santander a révélé que six personnes sur dix présentaient déjà des signes précoces d’athérosclérose, remettant en question l’idée reçue selon laquelle cette maladie ne concernerait que les personnes âgées ou déjà diagnostiquées.

La nouvelle étude, baptisée React, entend repousser les limites de la prévention cardiovasculaire. Les participants seront soumis à une batterie de tests gratuits, dont des échographies tridimensionnelles des artères carotides et fémorales, un électrocardiogramme, des analyses de sang et d’urine, un examen du fond d’œil et, surtout, une angiographie par tomodensitométrie (angio-TDM). Cette dernière technique permet de visualiser l’intérieur des artères coronaires et de détecter de minuscules plaques d’athérome, invisibles avec les méthodes traditionnelles. Selon les chercheurs, même quelques millimètres d’accumulation peuvent signaler un risque cardiovasculaire élevé.

L’enjeu de l’étude est d’intervenir dès les premiers signes de la maladie, en adoptant une approche « agressive » comprenant un régime alimentaire adapté, une activité physique régulière, une perte de poids si nécessaire et, le cas échéant, la prescription de médicaments tels que les statines. Le Dr Borja Ibáñez explique que cette stratégie pourrait inverser le cours naturel de la maladie. Des études antérieures ont montré que les plaques d’athérome disparaissent spontanément dans seulement 8 % des cas. L’objectif de React est d’atteindre un taux de régression de 80 % grâce à une intervention précoce et ciblée.

Le projet, qui représente un investissement massif, est financé à hauteur de 23 millions d’euros par la Fondation Novo Nordisk pour sa première phase, impliquant 8 000 volontaires en Espagne et 8 000 au Danemark. Une deuxième phase, prévue entre 2027 et 2032, nécessitera un budget d’environ 40 millions d’euros et permettra de comparer la prévention classique à la prévention intensive proposée par le CNIC. À ce jour, plus de 5 300 volontaires espagnols se sont inscrits, mais les chercheurs souhaitent désormais toucher des populations souvent exclues des essais cliniques : les habitants des zones rurales, les quartiers défavorisés et les groupes sociaux les plus vulnérables. L’athérosclérose touche en effet toutes les couches de la population, mais l’accès à la prévention n’est pas le même pour tous.

Au-delà de l’étude elle-même, le projet vise à transformer la santé publique en préconisant des contrôles cardiovasculaires réguliers dès le plus jeune âge, des échographies rapides et portables pour les personnes présentant un risque accru, et des traitements courts mais précoces. Les chercheurs estiment que cinq années de traitement dans la vingtaine pourraient être aussi bénéfiques que 35 années de traitement commencées trop tard. Ils soulignent également l’augmentation alarmante des maladies cardiovasculaires depuis 1990, avec un doublement des cas, passant de 311 à 626 millions, en raison de la sédentarité et d’une alimentation déséquilibrée.

« Bien traiter ne suffit plus, nous devons améliorer la prévention. »

Dr Borja Ibáñez, cardiologue

Les chercheurs appellent également les pouvoirs publics à prendre des mesures incitatives, telles que des taxes plus élevées sur les aliments ultra-transformés et des subventions pour les fruits, les légumes et l’huile d’olive. Ils insistent sur le fait que la lutte contre les maladies cardiovasculaires ne repose pas uniquement sur les laboratoires pharmaceutiques, mais aussi sur les choix quotidiens de chacun.

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