Publié le 24 septembre 2025 14:35:00. Malgré un nouveau train de sanctions britanniques liées à l’affaire Skripal, la Russie affiche une résilience inquiétante, tandis que l’Europe semble hésiter à prendre les mesures financières nécessaires pour soutenir l’Ukraine face à une aide américaine en berne.
- Les sanctions occidentales, bien que multipliées, peinent à ébranler la position de Vladimir Poutine.
- L’engagement américain envers l’Ukraine est en question, avec une administration Trump privilégiant les intérêts commerciaux avec Moscou.
- L’Europe se débat pour trouver un financement durable pour l’Ukraine, incapable de s’engager pleinement à soutenir financièrement Kiev.
L’annonce de nouvelles sanctions britanniques à l’encontre de la Russie, consécutives à la publication du rapport d’enquête publique sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal, a suscité un sentiment d’impuissance. Au-delà de la réaction de Londres, c’est l’ensemble de l’Europe qui semble face à un dilemme. Vladimir Poutine, loin de se montrer affecté par les pressions occidentales, a même adopté une rhétorique plus agressive, avertissant que la Russie est prête à une guerre si l’Europe l’initie.
La situation actuelle témoigne d’un changement profond dans l’ordre mondial. L’Amérique, traditionnellement garante de cet ordre, semble s’éloigner de ses alliés européens et se rapprocher de Moscou. L’administration Trump, selon les analyses, privilégie désormais la perspective de relations commerciales renouvelées avec la Russie, malgré les accusations portées contre le Kremlin. Cette orientation est d’autant plus préoccupante que l’Ukraine, confrontée à des difficultés financières croissantes, a besoin de plus de 100 milliards de dollars par an (environ 93 millions d’euros) pour poursuivre les combats.
L’Europe, quant à elle, se montre divisée sur la question de l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’effort de guerre ukrainien. Aucune décision concrète n’a été prise, et l’idée de solliciter une contribution financière des contribuables européens ne fait pas consensus. L’autre option, l’envoi de troupes en Ukraine, reste pour l’instant exclue. Dans ce contexte, les sanctions et les déclarations politiques semblent de plus en plus dénuées d’efficacité.
Sir Keir Starmer a dénoncé le « mépris du Kremlin pour les vies innocentes » suite à la publication du rapport Skripal, estimant que Vladimir Poutine devait être tenu « moralement responsable » de l’empoisonnement. Mais cette condamnation verbale ne suffit pas à masquer le manque de volonté politique de l’Europe à traduire ses paroles en actes.
Depuis près d’un an, les gouvernements européens semblent, selon l’analyse, dans une forme de déni, espérant reconquérir le soutien américain alors que les liens entre Donald Trump et Vladimir Poutine se renforcent. L’Amérique semble désormais plus intéressée par les profits tirés de la vente d’armes à l’Ukraine, via l’Europe, que par la défense des intérêts européens. Les promesses de Moscou en matière d’accords commerciaux alléchants suffiraient, selon certains, à maintenir l’attention de l’ancien président américain.
La situation actuelle pourrait encourager Kiev à poursuivre les combats, comme l’a récemment souligné Vladimir Poutine, « jusqu’au dernier Ukrainien », en se basant sur une confiance illusoire dans le soutien européen. L’heure des comptes approche pour l’Europe, mais rien n’indique que ses dirigeants soient prêts à affronter cette réalité.
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