La NASA a sélectionné le télescope spatial PRIMA pour mener des relevés dans l’infrarouge lointain, marquant ainsi le lancement d’une nouvelle classe de missions d’astrophysique baptisée Probe Explorers. L’Agence vise un lancement en 2033 et a fixé un plafond budgétaire de 1,2 milliard de dollars pour le projet.
La NASA choisit PRIMA pour l’infrarouge lointain
Le télescope embarquera un miroir de 1,8 mètre, soit 5,9 pieds, conçu pour observer le cosmos à des longueurs d’onde. La NASA a officialisé la sélection du projet PRIMA (PRobe far-Infrared Mission for Astrophysics) pour enclencher la phase suivante de son développement, connue sous le nom de Phase B. Cette étape permet d’approfondir la conception préliminaire et la technologie du matériel.
Cette plage d’observation permettra de percer des zones d’ombre célestes autrement invisibles pour les instruments optiques classiques. La mission PRIMA est la prochaine fenêtre de l’humanité sur l’univers profond
, a déclaré Nicky Fox, administratrice associée de la Direction des missions scientifiques au siège de la NASA à Washington, selon les communiqués de l’agence.
Nicky Fox a ajouté que cette mission dévoilera l’obscurité à travers le temps cosmique afin de mieux appréhender la formation des planètes, des étoiles, des trous noirs, ainsi que la provenance de l’eau sur Terre. Le programme des Explorateurs, qui supervise ces initiatives, a débuté en 1958 avec le lancement d’Explorer 1 — le premier satellite américain à atteindre l’orbite terrestre, qui a permis de découvrir les ceintures de radiations de la Terre. Depuis lors, le programme a soutenu plus de cent missions, parmi lesquelles Uhuru et le satellite COBE (Cosmic Background Explorer), dont les résultats scientifiques ont mené à des recherches récompensées par des prix Nobel.
Nicky Fox a déclaré : La mission PRIMA est la prochaine fenêtre de l’humanité sur l’univers profond.

Le comblement du vide entre les grands observatoires
Le nouveau matériel est pensé pour s’intercaler entre les capacités des télescopes infrarouges existants, tels que le James Webb Space Telescope, et celles des radiotélescopes au sol. Les chercheurs comptent sur ces données pour examiner la formation des planètes extrasolaires, observer la croissance des galaxies et de leurs trous noirs massifs, et suivre l’accumulation des poussières au fil de l’histoire cosmique.
Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d’astrophysique au siège de la NASA, a rappelé que l’exploration infrarouge lointain apporte une vision d’ensemble indispensable.
Shawn Domagal-Goldman a déclaré : Une seule mission ne peut pas sonder tous les mystères de l’univers.
Le calendrier et le budget de la mission
Une fois que le télescope aura franchi la phase d’évaluation technique et programmatique, le coût du projet sera plafonné à 1,2 milliard de dollars, hors frais de lancement et coûts annexes. Le projet s’inscrit dans la classe Probe Explorers, une catégorie de missions découlant des recommandations du rapport Astro2020 de l’Académie nationale des sciences, des ingénierie et de la médecine.

Le Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie du Sud pilotera la mission, secondé par le Goddard Space Flight Center dans le Maryland et le Marshall Space Flight Center en Alabama. Le lancement est planifié pour 2033 pour une durée initiale d’observation de cinq ans, s’appuyant sur des contributions internationales émanant notamment du Centre National d’Études Spatiales, de l’Agenzia Spaziale Italiana, du Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, de l’Agence spatiale canadienne, de la Japan Aerospace Exploration Agency, de la UK Space Agency, ainsi que du Korea Astronomy and Space Science Institute et de la Korea AeroSpace Administration.