Home SantéDes chercheurs australiens découvrent un « interrupteur de sécurité » contre le cancer.

Des chercheurs australiens découvrent un « interrupteur de sécurité » contre le cancer.

by Sophie Martin

Publié le 21 décembre 2025 17h00. Des chercheurs australiens ont identifié un mécanisme moléculaire clé permettant aux cellules cancéreuses d’échapper à la réponse immunitaire, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour améliorer l’efficacité de l’immunothérapie.

  • L’équipe de l’Institut australien de recherche sur le cancer Olivia Newton-John (ONJCRI) a découvert que le gène TAK1 agit comme un « interrupteur de sécurité » protégeant les cellules tumorales.
  • Bloquer TAK1 rend les cellules cancéreuses plus vulnérables aux attaques des lymphocytes T CD8+, les principaux acteurs de la réponse immunitaire.
  • Cette découverte pourrait permettre de surmonter la résistance de certaines tumeurs à l’immunothérapie.

Une équipe de scientifiques de l’Institut australien de recherche sur le cancer Olivia Newton-John (ONJCRI), en collaboration avec le Walter and Eliza Hall Institute of Medical Research Australia, a mis en évidence le rôle crucial du gène TAK1 dans la capacité des cellules cancéreuses à déjouer le système immunitaire. Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Cell Reports, pourraient avoir des implications majeures pour le traitement de divers types de cancer, notamment le mélanome.

Les chercheurs ont démontré que TAK1 agit comme un véritable bouclier, protégeant les cellules cancéreuses des signaux puissants émis par les lymphocytes T CD8+, ces cellules immunitaires chargées de détruire les cellules infectées ou cancéreuses. Grâce à un vaste dépistage génétique, ils ont pu identifier TAK1 comme un gène essentiel à la survie des cellules tumorales face à l’attaque immunitaire.

« On savait que TAK1 favorisait la survie des cellules cancéreuses et inhibait la mort cellulaire, mais nous ne savions pas que les cellules cancéreuses utilisaient cette tactique pour éviter d’être ‘tuées’ par le système immunitaire »

Anne Huber, chercheuse postdoctorale à l’ONJCRI

En utilisant la technique d’édition génétique CRISPR, les chercheurs ont réussi à bloquer l’activité de TAK1 dans un modèle de laboratoire. Les résultats ont été frappants : la croissance tumorale a été significativement réduite, indiquant que le système immunitaire était alors capable de mieux contrôler les cellules cancéreuses. En effet, sans TAK1, les cellules tumorales perdent une protéine protectrice, cFLIP, et deviennent beaucoup plus sensibles à l’action des lymphocytes T CD8+.

« TAK1 est comme un amortisseur qui permet aux cellules cancéreuses de survivre aux attaques les plus fortes du système immunitaire. Si TAK1 est retiré, les cellules tumorales s’effondreront sous la force de l’attaque immunitaire »

Tirta Djajawi, chercheuse postdoctorale à l’ONJCRI

Selon les chercheurs, bloquer TAK1 pourrait rendre les immunothérapies actuelles plus efficaces en supprimant la capacité des tumeurs à se protéger. L’immunothérapie, bien que prometteuse, rencontre parfois des limites en raison de ces mécanismes de survie inhérents aux cellules cancéreuses. Cette découverte ouvre donc la voie à de nouvelles approches thérapeutiques combinant immunothérapie et inhibition de TAK1.

Les recherches ont été menées sur différents types de cancer, avec un intérêt particulier pour le mélanome, une forme de cancer de la peau souvent traitée par immunothérapie.

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