Home SantéDes facteurs de risque non traditionnels mettent en lumière les accidents vasculaires cérébraux inexpliqués chez les adultes de moins de 50 ans

Des facteurs de risque non traditionnels mettent en lumière les accidents vasculaires cérébraux inexpliqués chez les adultes de moins de 50 ans

by Sophie Martin

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques frappent de plus en plus de jeunes adultes, et une nouvelle étude révèle que les causes sont souvent plus complexes qu’on ne le pensait. Des facteurs de risque traditionnels comme l’hypertension ou le tabagisme ne suffisent pas à expliquer ces AVC, et des éléments moins connus, notamment les migraines, pourraient jouer un rôle crucial.

Une analyse menée auprès de plus de 1 000 adultes européens âgés de 18 à 49 ans a mis en évidence des différences significatives selon la présence d’une malformation cardiaque, le foramen ovale perméable (FOP), un trou entre les cavités supérieures du cœur.

Chez les personnes sans FOP, chaque facteur de risque traditionnel supplémentaire (hypertension, cholestérol, diabète, etc.) augmentait le risque d’AVC de 41 %. Mais c’est l’accumulation de facteurs de risque non traditionnels – caillots sanguins dans les veines, migraines à aura, maladies rénales ou hépatiques chroniques, cancer – qui multipliait ce risque par 70 %.

Les femmes étaient particulièrement concernées : les facteurs de risque spécifiques à leur sexe (comme le diabète gestationnel ou les complications de la grossesse) augmentaient également le risque d’AVC de 70 %, indépendamment des autres facteurs.

En présence d’un FOP, l’impact des facteurs de risque traditionnels était moins marqué (augmentation de 18 %), mais les facteurs non traditionnels doublaient le risque d’AVC ischémique après prise en compte de l’âge, du sexe et du niveau d’éducation.

L’étude a également permis de quantifier l’importance relative de ces différents facteurs. Pour les AVC survenant sans FOP, les facteurs traditionnels expliquaient environ 65 % des cas, les facteurs non traditionnels 27 %, et les facteurs spécifiques aux femmes près de 19 %.

En revanche, pour les AVC associés à un FOP, les facteurs non traditionnels prenaient le dessus, contribuant à 49 % des cas, contre 34 % pour les facteurs traditionnels et 22 % pour les facteurs liés au sexe féminin.

La migraine à aura s’est révélée être le facteur de risque non traditionnel le plus important, avec un impact particulièrement fort chez les personnes atteintes d’un FOP (risque attribuable à la population d’environ 46 %) et, dans une moindre mesure, chez celles qui n’en avaient pas (23 %).

« Nous avons été surpris par le rôle des facteurs de risque non traditionnels, en particulier les migraines, qui semblent être l’un des principaux facteurs de risque dans le développement des AVC chez les jeunes adultes », a déclaré le Dr Jukka Putaala, chef de l’unité AVC au Neurocenter de l’hôpital universitaire d’Helsinki, en Finlande.

« Nos résultats devraient inciter la communauté médicale à adopter une approche plus personnalisée de l’évaluation et de la gestion des facteurs de risque. Il est essentiel de questionner les jeunes femmes sur leurs antécédents de migraines et d’autres facteurs de risque moins courants », a-t-il ajouté.

Selon le Dr Tracy E. Madsen, présidente du comité scientifique de cardiologie clinique et de la santé des femmes victimes d’AVC de l’American Heart Association, cette étude est précieuse car elle distingue les données par sexe et par groupe d’âge. « Nous savons que le risque d’AVC évolue en fonction de l’âge et du sexe, et l’identification de facteurs de risque moins souvent pris en compte, comme la migraine à aura et les complications de la grossesse, pourrait changer notre façon de dépister ces risques et d’informer nos patients tout au long de leur vie. »

Il est important de noter que cette étude est observationnelle et ne peut donc pas établir de lien de causalité direct. De plus, les données reposent sur les déclarations des patients, ce qui peut introduire un biais. Enfin, la population étudiée était majoritairement composée d’adultes blancs d’origine européenne, ce qui limite la généralisation des résultats.

Les participants à l’étude, baptisée SECRETO (Searching for Explanations for Cryptogenic Stroke in the Young: Revealing the Triggers, Causes, and Outcome), ont été recrutés dans 19 centres répartis dans 13 pays européens entre novembre 2013 et janvier 2022.

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