Deux organisations syndicales de journalistes ont déposé plainte en France contre Israël, l’accusant d’entraver intentionnellement le travail des reporters français dans les territoires palestiniens, notamment en interdisant l’accès à Gaza. Cette action juridique intervient alors que le conflit à Gaza continue de limiter sévèrement la couverture médiatique indépendante.
La Fédération internationale des Journalistes (FIJ) et le Syndicat des journalistes français ont saisi le parquet antiterroriste de Paris la semaine dernière, estimant qu’Israël a délibérément « entravé la liberté d’informer » à Gaza et en Cisjordanie, selon un communiqué commun. Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré que cette plainte représente une nouvelle tentative de pression sur Israël pour qu’il autorise l’accès de la presse internationale à Gaza. « Depuis plus de deux ans, nous demandons l’ouverture des frontières pour permettre à nos confrères, épuisés par deux années de conflit, d’être soulagés », a-t-il précisé.
La plainte s’appuie sur de nombreux témoignages de journalistes français, dont l’identité a été préservée pour des raisons de sécurité. Elle relate notamment un incident en Cisjordanie où un journaliste a été pourchassé par une cinquantaine de citoyens israéliens armés de « fusils, de bidons d’essence et de bâtons », en présence de l’armée israélienne. Les auteurs de la plainte estiment que cet événement présente « les éléments caractéristiques d’un crime de guerre ».
Cette démarche s’inscrit dans une série de plaintes similaires déposées en France concernant la guerre à Gaza, où les autorités sont compétentes pour enquêter sur d’éventuelles violations des droits ou crimes impliquant des citoyens français. Par ailleurs, les procureurs ont demandé l’ouverture d’une instruction concernant le décès de deux enfants français à Gaza en octobre 2023, qui pourrait constituer un crime de guerre.
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a fait 1 221 morts, principalement des civils, selon les chiffres officiels israéliens, la situation en Cisjordanie s’est considérablement détériorée. La riposte militaire israélienne à Gaza a entraîné la mort d’au moins 37 035 personnes, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du territoire contrôlé par le Hamas – des chiffres considérés comme fiables par les Nations Unies. Plus de 220 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début du conflit, selon l’organisation Reporters sans frontières.
Israël n’autorise pas l’entrée des journalistes internationaux dans le territoire palestinien sous blocus depuis le début de la guerre, sauf s’ils sont intégrés aux forces israéliennes. En juillet dernier, l’Agence France-Presse (AFP) avait déjà rejoint d’autres agences de presse internationales pour appeler Israël à autoriser l’accès et la sortie des journalistes de ce territoire ravagé par la guerre.
