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Des likes au lieu de bougies : le deuil à l’ère numérique

Les réseaux sociaux, devenus de véritables cimetières numériques, posent de nouvelles questions sur le deuil à l'ère numérique. De l'apparition inattendue de souvenirs du passé à la persistance des profils après le décès, l'empreinte numérique d'un être cher…

Des likes au lieu de bougies : le deuil à l’ère numérique

Les réseaux sociaux, devenus de véritables cimetières numériques, posent de nouvelles questions sur le deuil à l’ère numérique. De l’apparition inattendue de souvenirs du passé à la persistance des profils après le décès, l’empreinte numérique d’un être cher continue d’exister, offrant un nouveau type de réconfort, mais aussi de potentiels abus.

Selon une estimation du service logiciel « ExpressVPN », en 2100, le nombre de profils de personnes décédées sur les réseaux sociaux dépassera celui des personnes vivantes en Allemagne.

La manière dont nous vivons le deuil évolue considérablement. Les condoléances ne se limitent plus aux registres traditionnels, mais se manifestent désormais dans les commentaires sous les publications et les fils d’actualité. Si un simple emoji en forme de cœur ne saurait remplacer une étreinte, de nombreuses personnes en deuil trouvent un soutien plus important en ligne qu’auprès de leur entourage.

« Beaucoup de gens trouvent cela réconfortant », explique Christine Kempkes, de l’Association fédérale pour le soutien au deuil. « Les personnes en deuil ont besoin de parler de leurs sentiments et de ceux de leur proche. Dans la vie de tous les jours, on ne comprend souvent pas suffisamment ce besoin. Sur les réseaux sociaux, elles peuvent exprimer ce qui les touche sans craindre d’être un fardeau pour les autres. Elles reçoivent parfois même des encouragements de personnes qu’elles ne connaissent pas, ce qui peut être très apaisant. »

Cependant, cette expression publique du deuil n’est pas sans susciter des interrogations. La profusion de commentaires superficiels, tels que « Repose en paix » accompagnés d’un simple cœur, peut sembler dénuée de sincérité aux yeux de certains.

« Il y a toujours des condoléances impersonnelles », nuance toutefois Christine Kempkes. « Même hors ligne, beaucoup de gens se contentent d’acheter une carte de condoléances standard et de la signer. C’est tout aussi cruel ou sincère. »

Un autre problème soulevé par les professionnels du deuil concerne le partage de photos et de vidéos privées sans le consentement de la personne décédée. « Même si c’est fait avec de bonnes intentions, il n’est pas acceptable de publier des images d’une personne décédée sans son accord », insiste Christine Kempkes. « Il est préférable de clarifier de son vivant si l’on peut parler de son chagrin sur les réseaux sociaux, avec ou sans photos. »

À ce stade, peu de personnes réfléchissent aux conséquences de leur empreinte numérique après leur mort. « Afin d’éviter une utilisation abusive ultérieure de mon profil, de mes photos et de mes données, je dois réguler mon patrimoine numérique de mon vivant », prévient la conseillère en deuil.

Dans la réalité, les proches se retrouvent souvent confrontés à un véritable chaos numérique après un décès, notamment en raison du manque d’accès aux données et aux profils, les mots de passe étant rarement consignés. Les abonnements continuent de courir, entraînant des coûts supplémentaires et des complications juridiques, ajoutant ainsi un fardeau supplémentaire à la douleur du deuil.

Il est donc essentiel d’anticiper et de planifier la gestion de son héritage numérique. Les plateformes comme Facebook et Instagram proposent désormais des outils permettant de gérer son profil après le décès, comme la possibilité de le supprimer ou de le transformer en page commémorative, voire de désigner un contact hérité. Cependant, peu de personnes utilisent ces options.

« L’héritage numérique doit être inclus dans le testament », recommande Christine Kempkes. « Celui qui en communique veille à ce que la mémoire numérique reste respectueuse. »

Voici quelques conseils pour préparer son héritage numérique :

  • Configurer un ancien contact sur Facebook et Instagram
  • Documenter les mots de passe importants (par exemple, en utilisant un gestionnaire de mots de passe)
  • Mentionner ses volontés concernant son héritage numérique dans son testament
  • Nettoyer régulièrement ses archives de photos
  • Supprimer les applications inutilisées et annuler les abonnements superflus

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.