Home NouvellesDes manifestants pour et contre l’ICE s’affrontent à Minneapolis

Des manifestants pour et contre l’ICE s’affrontent à Minneapolis

by Nicolas Lefèvre

Minneapolis a été le théâtre de vives tensions samedi, alors que des manifestants pro et anti-immigration se sont affrontés dans le centre-ville. L’escalade de la répression migratoire menée par l’administration Trump, marquée par le déploiement de plus de 2 000 agents fédéraux dans le Minnesota, a déclenché des protestations quotidiennes et une mobilisation de la Garde nationale.

Des heurts ont éclaté entre les manifestants opposés à l’Agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE) et un groupe plus restreint de leurs partisans. Des participants ont chassé les pro-ICE, contraignant au moins l’un d’eux à retirer un vêtement jugé provocateur. Jake Lang, un organisateur du rassemblement pro-ICE, a été blessé lors de ces affrontements, présentant des contusions et des éraflures à la tête en quittant les lieux.

La situation a dégénéré avec des échanges de boules de neige et de ballons d’eau, avant l’intervention de la police de Minneapolis, déployée en force dans des véhicules blindés. Parallèlement, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a ordonné la mobilisation de la Garde nationale pour soutenir les forces de l’ordre, assurer la sécurité routière et protéger les personnes et les biens, tout en garantissant le droit de manifester pacifiquement.

La commandante Andrea Tsuchiya, porte-parole de la Garde nationale, a précisé que les troupes étaient prêtes à intervenir, mais n’avaient pas encore été déployées dans les rues. Cette décision intervient après que M. Walz, un critique récurrent du président Trump, a demandé à la Garde nationale de se tenir en état d’alerte.

La répression migratoire à Minneapolis et Saint Paul, des villes traditionnellement progressistes, a suscité une vague de protestations. Les manifestants dénoncent les méthodes des agents d’immigration, notamment les arrestations domiciliaires et les tactiques agressives. Le 7 janvier, Renee Good, une mère de trois enfants, a été tuée par balle par un agent de l’ICE lors d’une confrontation, ajoutant une tragédie à ce contexte déjà tendu.

Vendredi, un juge fédéral a statué que les agents d’immigration ne pouvaient ni détenir ni utiliser de gaz lacrymogène contre les manifestants pacifiques qui n’entravent pas leur travail, y compris ceux qui observent les opérations de répression.

L’inquiétude est palpable parmi les membres de la communauté immigrée. Lors d’une conférence de presse, un homme ayant fui la guerre civile libérienne dans son enfance a exprimé sa peur de sortir de chez lui depuis sa libération d’un centre de détention pour migrants après son arrestation le week-end précédent.

La vidéo de l’arrestation de Garrison Gibson, le 11 janvier, où des agents fédéraux défoncent sa porte, est devenue un symbole de la contestation. M. Gibson, âgé de 38 ans, est sous le coup d’un ordre d’expulsion lié à une condamnation pour trafic de drogue datant de 2008, finalement annulée. Il était resté légalement dans le pays en vertu d’une ordonnance de surveillance, mais un juge a estimé que les autorités fédérales ne l’avaient pas suffisamment prévenu de la révocation de son statut.

M. Gibson a été à nouveau interpellé vendredi lors d’un contrôle d’immigration. Sa cousine, Abena Abraham, a affirmé que des agents de l’ICE lui avaient indiqué que Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, avait ordonné cette nouvelle arrestation. La Maison-Blanche a démenti cette information.

Après son arrestation, M. Gibson a été transféré dans un centre de détention au Texas, avant d’être renvoyé chez lui suite à la décision du juge. Sa famille a dû barricader sa porte avec un haltère et dépenser 700 $US (environ 630 €) pour la réparer.

« Je ne sors pas de chez moi », a déclaré M. Gibson lors de la conférence de presse.

Le département de la Sécurité intérieure a dénoncé une tentative d’un « juge activiste » d’empêcher le gouvernement d’expulser des étrangers en situation irrégulière ayant commis des infractions. « Nous continuerons de lutter pour l’arrestation, la détention et l’expulsion des étrangers qui n’ont aucun droit de se trouver sur ce territoire », a affirmé Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe à la Sécurité intérieure.

M. Gibson a insisté sur le fait qu’il avait respecté toutes les règles : « Si j’étais une personne violente, je n’aurais pas passé ces 17 dernières années à me signaler. »

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