Publié le 4 janvier 2026 à 17h51. Un vaste sabotage a plongé des dizaines de milliers de foyers berlinois dans l’obscurité ce week-end, une action revendiquée par un groupe d’activistes de gauche qui dénonce la consommation énergétique liée à l’intelligence artificielle et aux combustibles fossiles.
- Un incendie criminel a endommagé des câbles à haute tension près de la centrale électrique de Lichterfelde, coupant l’électricité à jusqu’à 35 000 foyers et 1 900 entreprises.
- Le groupe activiste Vulkangruppe a revendiqué l’attaque, affirmant cibler les quartiers les plus riches de Berlin pour protester contre l’« avidité d’énergie ».
- Les autorités enquêtent et mettent en garde contre le danger que représentent ces attaques pour la sécurité publique.
Un acte de sabotage d’une ampleur considérable a privé une partie de Berlin d’électricité ce week-end. L’incendie, déclenché samedi matin sur un pont traversant le canal de Teltow, dans le sud-ouest de la capitale, a causé des dommages importants aux infrastructures électriques. Selon la société de réseau Stromnetz Berlin, jusqu’à 35 000 foyers et 1 900 entreprises pourraient rester sans courant jusqu’au 8 janvier.
Le groupe Vulkangruppe (Groupe Volcans) a rapidement revendiqué la responsabilité de l’attaque. Dans un manifeste de 2 500 mots, dont l’authenticité a été confirmée par la police, les activistes justifient leur action comme un « acte d’intérêt public » et un « acte d’autodéfense et de solidarité internationale avec tous ceux qui protègent la terre et la vie ». Ils dénoncent une « avidité d’énergie » alimentée par les combustibles fossiles et mettent en cause la consommation énergétique croissante des centres de données utilisés pour l’intelligence artificielle, qu’ils considèrent comme une menace pour la société.
« Nous contribuons à notre propre surveillance et elle est globale. Les entreprises technologiques sont entre les mains d’hommes avec le pouvoir que nous leur donnons. Un jour, nous nous asseoirons simplement devant des écrans lumineux ou des machines mortes tout en mourant de soif et de faim. »
Vulkangruppe, dans son manifeste
Le groupe a même présenté des excuses aux personnes les plus démunies touchées par la coupure, tout en affirmant que sa sympathie était limitée « pour les nombreux propriétaires de villas » désormais privés d’électricité. La zone affectée comprend de nombreuses maisons de retraite et des hôpitaux, ainsi que des immeubles de grande hauteur où les ascenseurs sont hors service. Les chutes de neige et les températures glaciales rendent la situation particulièrement difficile pour les habitants.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, a fermement condamné l’attaque, la qualifiant d’acte « inacceptable » et soulignant son caractère politique. Des experts en sécurité ont souligné que cette action présente des similitudes avec d’autres attaques menées par des groupes d’extrême gauche dans le passé.
« Il est inacceptable que des extrémistes de gauche attaquent une fois de plus ouvertement notre réseau électrique et mettent ainsi des vies humaines en danger. »
Kai Wegner, maire de Berlin
Les autorités ont mis en place des refuges d’urgence pour les personnes sans chauffage ni eau chaude. En raison des perturbations des réseaux mobiles, la police a utilisé des haut-parleurs montés sur des véhicules pour informer la population et apporter son aide. Plusieurs lignes de train de banlieue ont été interrompues, et la reprise des cours dans les écoles pourrait être retardée.
Ce n’est pas la première fois que le Vulkangruppe cible les infrastructures énergétiques de Berlin. En septembre dernier, un incendie criminel attribué au même groupe avait provoqué une coupure de courant de 60 heures dans le sud-est de la ville, la plus longue depuis la Seconde Guerre mondiale. Le groupe avait également revendiqué en mars 2024 un incendie criminel contre un pylône de la gigafactory Tesla à l’extérieur de Berlin, perturbant temporairement la production.
Les services de renseignement intérieurs allemands considèrent le Vulkangruppe comme une organisation extrémiste de gauche et ont souligné dans leur rapport annuel sur la sécurité 2024 les attaques répétées du groupe contre le réseau électrique régional. Selon les enquêteurs, le groupe choisit ses cibles en fonction de leur impact sur la population, cherchant à provoquer des dégâts importants nécessitant des réparations longues et coûteuses, sans se soucier des conséquences pour les habitants.
Stromnetz Berlin a indiqué que 45 000 foyers et 2 200 entreprises dans les districts de Nikolassee, Zehlendorf, Wannsee et Lichterfelde avaient initialement été touchés par la coupure, qui a débuté samedi à 6 heures du matin. Dimanche midi, environ 10 000 foyers et 300 entreprises de Lichterfelde avaient retrouvé l’électricité. Les équipes de Stromnetz Berlin travaillent sans relâche pour rétablir le courant, mais le froid rend difficile la pose de nouveaux câbles souterrains, et les habitants restants pourraient devoir attendre jusqu’à jeudi après-midi pour être à nouveau alimentés.
Les experts soulignent que les attaques contre les infrastructures énergétiques nécessitent peu de compétences techniques pour avoir des conséquences dramatiques, les informations sur les composants clés du réseau électrique étant largement disponibles en ligne et les plans d’urgence en cas de sabotage étant souvent insuffisants.
Par ailleurs, les autorités allemandes restent en état d’alerte élevé face à la possibilité d’attaques contre ses infrastructures par des acteurs étrangers, et n’excluent pas non plus une éventuelle implication russe dans la panne de courant du week-end.
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