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Des paysages multifonctionnels pourraient répondre à des crises mondiales interconnectées

by Clara Dubois

Publié le 31 octobre 2025. Face aux crises écologiques et sociales croissantes, des chercheurs mettent en avant la nécessité de repenser l’utilisation des terres pour concilier conservation de la nature, production alimentaire et bien-être humain, à travers des paysages multifonctionnels.

  • Une étude de l’Université de Göttingen et de l’Université de Kassel souligne l’importance de considérer les synergies et les conflits d’utilisation des terres.
  • Les paysages multifonctionnels, mosaïques d’habitats diversifiés, peuvent répondre simultanément à de multiples objectifs écologiques, sociaux et économiques.
  • La « paludiculture », une agriculture durable sur tourbières humides, est citée comme un exemple concret de cette approche.

L’utilisation des terres est devenue un enjeu central dans un monde confronté à des défis majeurs : changement climatique, perte de biodiversité, inégalités sociales et insécurité alimentaire. Ces crises, souvent exacerbées par des pratiques agricoles intensives, s’entremêlent et se renforcent mutuellement.

Pour répondre à ces défis complexes, il est impératif de repenser notre rapport à l’espace et d’adopter des approches plus intégrées. Les paysages multifonctionnels offrent une solution prometteuse, en permettant de satisfaire simultanément divers besoins écologiques, sociaux et économiques. Une récente étude, menée par des chercheurs des universités de Göttingen et de Kassel, explore les pistes pour mettre en œuvre cette vision.

Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Nature Avis Biodiversité, mettent en évidence la nécessité de comprendre les interactions entre les différentes utilisations des terres. Selon le Dr Marion Jay, chercheuse postdoctorale à l’université de Göttingen,

« Ce n’est que lorsque nous comprendrons les synergies et les conflits d’utilisation que nous pourrons développer des systèmes d’utilisation des terres qui répondront simultanément à différents objectifs, notamment l’approvisionnement alimentaire, la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et l’offre d’espaces de loisirs. »

L’étude analyse des concepts théoriques et des exemples concrets issus de différents continents et époques. Elle met en lumière une variété de modèles favorisant la biodiversité et la multifonctionnalité des paysages. Ces derniers peuvent prendre des formes variées, mais partagent souvent une structure en mosaïque, combinant forêts, terres cultivées, pâturages et, parfois, des zones habitées, permettant de concilier les différentes demandes d’utilisation du sol.

Les systèmes agricoles traditionnels, tels que l’agroforesterie et le pastoralisme, sont cités comme des exemples réussis. Cependant, ces pratiques ancestrales sont aujourd’hui menacées par la mondialisation et l’expansion de l’agriculture industrielle.

Parallèlement, de nouveaux modèles d’utilisation des terres multifonctionnelles émergent, notamment dans les villes, avec des initiatives telles que « les infrastructures vertes et bleues ». Parcs, forêts urbaines et zones humides sont conçus pour améliorer le bien-être des habitants, favoriser la biodiversité, atténuer les effets des événements météorologiques extrêmes et même permettre l’agriculture urbaine.

La « paludiculture » illustre parfaitement cette approche. Cette technique agricole durable, pratiquée sur des tourbières humides ou réhumidifiées, permet de produire de la biomasse destinée à l’alimentation humaine et animale, aux matériaux de construction ou aux biocarburants, tout en préservant les habitats et les sols des zones humides et en restaurant leurs fonctions écologiques, comme le stockage du carbone et la régulation de l’eau.

Pour intégrer efficacement l’utilisation multifonctionnelle des terres dans les politiques de conservation et de restauration de la nature, une collaboration étroite entre les différents acteurs est indispensable. Tobias Plieninger, professeur d’interactions socio-écologiques aux universités de Göttingen et de Kassel, souligne l’importance de

« la coopération intersectorielle, par exemple entre l’agriculture, la conservation de la nature et l’urbanisme. Cela s’applique également aux paysages où la protection de la biodiversité est une priorité, comme dans les zones protégées. »

Il ajoute que le soutien financier, par le biais d’investissements publics et privés et de nouveaux modèles économiques, est également crucial.

Plus d’informations :
Marion Jay et al, Aborder la multifonctionnalité du paysage dans la conservation et la restauration, Nature Avis Biodiversité (2025). DOI : 10.1038/s44358-025-00091-4

Citation: Les paysages multifonctionnels pourraient faire face à des crises mondiales interconnectées (31 octobre 2025) extrait le 31 octobre 2025 de https://phys.org/news/2025-10-multifunction-landscapes-interconnected-global-crises.html

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