Publié le 20 octobre 2025 à 19h26. Le tribunal régional de Vienne a reconnu coupables les principaux accusés dans une affaire d’abus et de chantage visant un enseignant, mettant fin à plusieurs mois d’enquête et de témoignages poignants. Des peines de prison ferme ont été prononcées à l’encontre des trois jeunes hommes impliqués.
- Un Irakien de 15 ans a été condamné à trois ans et demi d’emprisonnement.
- Un Roumain de 17 ans a été condamné à trois ans d’emprisonnement.
- Un Afghan de 15 ans a été condamné à 15 mois de prison, dont cinq mois ferme.
L’affaire, qui s’est déroulée entre juillet 2024 et janvier 2025, impliquait des accusations de chantage, de vol et de maltraitance envers un enseignant viennois. Le tribunal a estimé que les preuves étaient accablantes, soulignant le manque de remords des accusés et la gravité des souffrances infligées à la victime.
Lors de son plaidoirie finale, le procureur a dénoncé la sévérité des actes commis, qualifiant l’affaire de « crime le plus grave ». Elle a insisté sur le fait que les prévenus avaient exploité sans vergogne la vulnérabilité de l’enseignante, la plongeant dans une spirale de peur et d’humiliation.
« Ce qui s’est passé ici est le crime le plus grave. »
Procureur
Le procureur a également souligné que, bien que l’enseignante ait pris des décisions discutables, cela ne justifiait en aucun cas les actes de terreur psychologique dont elle avait été victime. Les accusés avaient profité de sa situation difficile et l’avaient menacée de révéler des informations compromettantes, craignant pour sa réputation et son emploi.
La défense a plaidé pour le principe du doute, arguant que la description des faits par la victime était incohérente. David Jodlbauer, l’avocat de l’Irakien de 15 ans, a demandé au tribunal de ne pas se baser sur des accusations probables pour prononcer une condamnation.
Au cours du procès, le père de l’enseignante a témoigné de l’état de détresse de sa fille. Il a raconté comment elle s’était confiée à sa sœur, révélant qu’elle avait été victime de chantage, de vol et d’agressions.
« Je ne l’ai jamais vue aussi épuisée. »
Père de l’enseignante
Le père a également évoqué le vol d’argent, notamment une tirelire contenant 800 euros et des billets destinés à des vacances. L’enseignante avait craint que la divulgation de ses relations avec des jeunes ne nuise à sa carrière.
L’enquête a révélé que des rumeurs circulaient à l’école concernant les relations de l’enseignante avec d’anciens élèves. Un assistant de direction a témoigné avoir entendu des élèves évoquer des relations intimes. Cependant, aucune enquête pénale n’a été ouverte contre l’enseignante, faute de preuves d’abus de pouvoir ou d’autres infractions pénales.
Les principaux accusés, l’Irakien de 15 ans, le Roumain de 17 ans et l’Afghan de 15 ans, sont en détention depuis huit mois. Ils n’ont pas reconnu les accusations les plus graves, notamment le viol et les agressions sexuelles, mais ont admis avoir commis un incendie criminel dans l’appartement de l’enseignante. Un septième garçon, un ancien élève de l’enseignante, est également impliqué dans l’affaire, accusé d’avoir participé au vol de la tirelire.
L’incendie criminel, déclenché dans la nuit du 16 janvier 2025, a complètement détruit l’appartement de l’enseignante. Les pompiers ont rapidement maîtrisé les flammes, empêchant leur propagation à d’autres parties de l’immeuble. La mère de l’enseignante a décrit la situation comme une menace totale pour sa fille, soulignant sa peur et son désespoir.
Selon un rapport psychiatrique, l’enseignante souffrait de dépression chronique et de troubles de stress post-traumatique suite aux agressions subies.