Home SantéDes scientifiques australiens découvrent des centaines de nouveaux virus qui façonnent l’intestin humain

Des scientifiques australiens découvrent des centaines de nouveaux virus qui façonnent l’intestin humain

by Sophie Martin

Publié le 16 octobre 2023. Des chercheurs australiens ont identifié des centaines de virus inconnus nichés au sein des bactéries intestinales, ouvrant de nouvelles perspectives sur la manipulation du microbiome pour améliorer la santé et traiter certaines maladies.

  • L’étude révèle que la stévia et certains composés produits par les cellules intestinales peuvent activer ces virus, potentiellement influençant le développement de maladies inflammatoires de l’intestin.
  • Il s’agit de la première recherche à grande échelle utilisant une approche basée sur la culture pour isoler et étudier les bactériophages tempérés dans l’intestin humain.
  • Les scientifiques ont également identifié des mutations virales qui empêchent l’activation, offrant des pistes pour de futures thérapies ciblant le microbiome.

Une équipe de l’Université Monash en Australie a mis en évidence l’existence d’une biodiversité virale insoupçonnée au sein de notre intestin. Ces virus, appelés bactériophages, infectent les bactéries et pourraient jouer un rôle crucial dans l’équilibre du microbiome intestinal, un écosystème complexe essentiel à la santé humaine. La découverte, publiée dans la revue Nature, marque une étape importante dans la compréhension de ces interactions virales.

Les chercheurs ont analysé 252 isolats bactériens provenant du microbiome humain, en les cultivant en laboratoire dans des conditions spécifiques, notamment des chambres anaérobies privées d’oxygène. Ils ont ensuite soumis ces cultures à dix composés différents, incluant des aliments et des substances libérées par les cellules intestinales. L’étude a révélé que la stévia, un édulcorant d’origine végétale, ainsi que les composés produits par les cellules intestinales humaines, étaient particulièrement efficaces pour activer les phages intestinaux, réveillant ainsi des virus jusque-là dormants.

Selon le professeur Jeremy Barr, auteur principal de l’étude et membre de la faculté des sciences biologiques de l’Université Monash, cette recherche change fondamentalement notre approche de l’étude des virus intestinaux :

« Il s’agit d’une étude fondamentale qui change notre façon de penser et d’étudier les virus présents dans l’intestin humain. »

Professeur Jeremy Barr, Université Monash

Réalisée en collaboration avec l’Institut Hudson de recherche médicale d’Australie, l’étude suggère que l’hôte humain n’est pas un simple réceptacle passif, mais qu’il influence activement le comportement viral. Sofia Dahlman, première auteure de l’étude, explique :

« Nos résultats suggèrent que l’hôte humain n’est pas seulement un environnement passif, mais qu’il influence activement le comportement viral. »

Sofia Dahlman, première auteure de l’étude

En utilisant la technologie d’édition génétique CRISPR, les chercheurs ont également identifié des mutations spécifiques dans les gènes viraux qui bloquent leur activation. Cette découverte pourrait éclairer les mécanismes par lesquels certains virus intestinaux entrent dans un état de dormance permanente, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à manipuler le microbiome intestinal pour améliorer la santé. Le professeur Barr souligne que cette étude pose les bases de futures applications en biologie synthétique, en biotechnologie et en thérapie du microbiome, marquant une avancée majeure dans le “décodage de la matière noire virale de l’intestin humain”.

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