Publié le 9 décembre 2025 à 14h55. Des astronomes ont découvert une structure cosmique d’une ampleur inédite, un filament galactique géant qui remet en question les modèles actuels de formation des galaxies. Cette découverte révèle une rotation synchronisée des galaxies au sein de ce filament, offrant un nouvel éclairage sur l’évolution de l’univers.
- Une structure rotative de 50 millions d’années-lumière de long a été identifiée, contenant des centaines de galaxies.
- Les galaxies au sein de ce filament ne se contentent pas de s’aligner, elles tournent également de manière synchronisée.
- Cette découverte pourrait modifier notre compréhension de la façon dont les galaxies acquièrent leur rotation et évoluent.
Une équipe internationale d’astronomes, dirigée par Lyla Jung et Madalina Tudorache de l’Université d’Oxford, a mis en évidence une structure cosmique exceptionnelle : un filament galactique de 50 millions d’années-lumière (environ 4,7 x 1023 kilomètres) de long. Publiée le 4 décembre dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, cette découverte révèle que les galaxies qui composent ce filament ne sont pas seulement alignées, mais tournent également de manière synchronisée avec leur environnement.
Ce filament fait partie du réseau cosmique, une structure à grande échelle de l’univers constituée de matière noire et de matière ordinaire. Situé à 140 millions d’années-lumière de la Terre, il présente une structure de nidification remarquable. Au cœur de ce filament se trouve une rangée de 14 galaxies riches en hydrogène, s’étendant sur 5,5 millions d’années-lumière. Ces galaxies sont intégrées dans des filaments plus vastes, abritant au total environ 300 galaxies.
Ce qui distingue cette structure, c’est la combinaison de l’alignement et du mouvement de rotation des galaxies. Chaque galaxie tourne autour de son propre axe, mais toutes tournent également autour du grand axe du filament à une vitesse d’environ 110 kilomètres par seconde, dans le même sens que leur rotation individuelle.
« On pourrait comparer cela à une balade en tasse de thé dans un parc d’attractions », explique Lyla Jung. « Chaque galaxie est comme une tasse de thé en rotation, mais toute sa plate-forme de filaments cosmiques tourne également. Ce double mouvement nous donne un aperçu rare de la manière dont les galaxies tirent leur rotation des structures plus grandes dans lesquelles elles résident. »
Lyla Jung, Université d’Oxford
Cette découverte remet en question les modèles traditionnels de formation des galaxies. La rotation des galaxies, comme notre propre Voie lactée, est généralement considérée comme un héritage des nuages de gaz en rotation qui les ont formées il y a des milliards d’années. Cependant, les collisions et les fusions avec d’autres galaxies auraient dû perturber cette rotation au fil du temps.
Or, cette nouvelle observation suggère que la rotation du filament géant domine la rotation des galaxies qu’il contient. Les filaments pourraient canaliser l’hydrogène gazeux le long de leur trajet, forçant les galaxies à tourner et leur fournissant un nouveau carburant pour la formation d’étoiles.
« Ces filaments sont un enregistrement fossile de flux cosmiques », précise Madalina Tudorache. « Ils nous aident à comprendre comment les galaxies acquièrent leur rotation et évoluent au fil du temps. »
Madalina Tudorache, Université d’Oxford
Les galaxies contenues dans ces filaments semblent relativement jeunes et se trouvent à un stade précoce de développement. Cela suggère que le flux de matière le long des filaments pourrait influencer les propriétés des galaxies à un niveau fondamental, ce qui pourrait entraîner des modifications importantes dans les modèles de cosmologie et d’évolution des galaxies.
Cette recherche a été rendue possible grâce aux 64 antennes paraboliques du radiotélescope MeerKAT en Afrique du Sud, combinées aux données optiques de l’instrument spectroscopique de l’énergie sombre et du Sloan Digital Sky Survey. Les résultats sont également importants pour améliorer la précision des futures enquêtes sur les lentilles faibles, telles que celles qui seront menées par l’ Observatoire Vera C. Rubin, qui reposent sur les distorsions cartographiques causées par la matière noire dans le réseau cosmique.
Source: Espace
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