Publié le 16 janvier 2024 09:40:00. Des scientifiques ont identifié une nouvelle forme rare de diabète qui se manifeste chez les nourrissons dès les premiers mois de leur vie, ouvrant de nouvelles perspectives sur les mécanismes complexes de cette maladie et offrant des pistes pour de futurs traitements.
- Une mutation génétique spécifique, affectant le gène TMEM167A, est à l’origine de cette forme de diabète néonatal.
- Les bébés atteints présentent non seulement des troubles métaboliques, mais aussi des problèmes neurologiques tels que l’épilepsie et la microcéphalie.
- La recherche, menée par une collaboration internationale, utilise des cellules souches et l’édition génétique (CRISPR) pour comprendre le rôle crucial du gène TMEM167A dans la production d’insuline.
Une équipe internationale de chercheurs a mis en lumière une forme jusqu’alors inconnue de diabète qui frappe les bébés durant leurs premiers mois. Cette découverte, fruit de techniques avancées de séquençage de l’ADN et de recherches sur les cellules souches, permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les cellules productrices d’insuline cessent de fonctionner correctement chez ces jeunes patients.
L’étude a été menée par la Faculté de médecine de l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni, en collaboration avec l’Université libre de Bruxelles (ULB), en Belgique, et d’autres partenaires internationaux. Les investigations ont révélé que des mutations dans un gène nommé TMEM167A sont responsables de ce type rare de diabète néonatal. Plus de 85 % des cas de diabète apparaissant avant l’âge de six mois sont liés à des modifications héréditaires de l’ADN.
L’équipe a analysé le cas de six enfants qui, outre le diabète, souffraient également de troubles neurologiques, notamment de l’épilepsie et de la microcéphalie. Tous partageaient les mêmes mutations dans le gène TMEM167A, suggérant une origine génétique commune aux symptômes métaboliques et neurologiques observés.
Pour décrypter le fonctionnement de ce gène, les chercheurs de l’ULB, dirigés par le professeur Miriam Cnop, ont transformé des cellules souches en cellules bêta pancréatiques, les cellules responsables de la production d’insuline. Ils ont également utilisé des techniques d’édition génétique, comme CRISPR, pour modifier le gène TMEM167A.
Les expériences ont démontré que lorsque le gène est endommagé, les cellules productrices d’insuline perdent leur capacité à fonctionner normalement. Un stress interne s’accumule, déclenchant des réactions cellulaires qui conduisent finalement à la mort de ces cellules.
« Découvrir les modifications de l’ADN qui causent le diabète chez les bébés nous offre un moyen unique d’identifier les gènes qui jouent un rôle clé dans la production et la sécrétion d’insuline. L’identification de modifications spécifiques de l’ADN qui causent ce type rare de diabète chez six enfants nous a permis de clarifier la fonction d’un gène peu connu, TMEM167A, montrant comment il joue un rôle clé dans la sécrétion d’insuline. »
Elisa De Franco, chercheuse à l’Université d’Exeter
Le professeur Cnop souligne l’importance plus large de ces travaux : « La capacité de générer des cellules productrices d’insuline à partir de cellules souches nous a permis d’étudier ce qui dysfonctionne dans les cellules bêta de patients atteints de formes rares, ainsi que d’autres types de diabète. Il s’agit d’un modèle extraordinaire pour étudier les mécanismes de la maladie et tester des traitements. »
Les chercheurs ont également constaté que le gène TMEM167A est essentiel non seulement pour les cellules bêta pancréatiques, mais aussi pour les neurones, tout en ayant une importance moindre pour la plupart des autres types de cellules. Cette découverte contribue à une meilleure compréhension des processus biologiques fondamentaux impliqués dans la production d’insuline et la survie cellulaire, et pourrait éclairer des formes plus courantes de la maladie. À l’heure actuelle, le diabète touche environ 589 millions de personnes dans le monde.
L’étude a été financée par des institutions telles que Diabetes UK, la Fondation européenne pour l’étude du diabète, la Fondation Novo Nordisk, ainsi que par des fondations et des programmes de recherche en Belgique et dans l’Union européenne. La chercheuse Elisa De Franco a bénéficié du soutien du NIHR Exeter Biomedical Research Centre.
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