Publié le 26 octobre 2025. Des scientifiques ont pour la première fois réussi à cartographier l’activité cérébrale de chauves-souris en plein vol, révélant un mécanisme interne de navigation qui pourrait éclairer le fonctionnement du cerveau humain et les maladies neurodégénératives.
- Une équipe de l’Institut Weizmann a enregistré l’activité de plus de 400 neurones chez des chauves-souris frugivores volant librement au large de la Tanzanie.
- Les chercheurs ont identifié une « boussole interne » dans le cerveau des chauves-souris, stable et globale, qui ne dépend pas du champ magnétique terrestre.
- Cette découverte pourrait apporter de nouvelles perspectives sur la façon dont le cerveau humain perçoit l’espace et l’orientation, et sur les troubles comme la maladie d’Alzheimer.
L’étude, menée sur l’île de Latham, un petit territoire isolé au large des côtes tanzaniennes, a permis de surmonter des défis logistiques et météorologiques considérables, notamment le passage du cyclone tropical Freddy. Les scientifiques ont équipé six chauves-souris frugivores d’un GPS miniaturisé et d’un enregistreur cérébral, puis ont suivi leurs vols nocturnes.
Les résultats ont révélé que certaines cellules cérébrales agissent comme des points de repère directionnels constants, indépendamment de la position de l’animal sur l’île. Contrairement aux oiseaux, qui s’orientent grâce au champ magnétique terrestre, les chauves-souris semblent s’appuyer sur des repères visuels, tels que les falaises et les rochers, pour naviguer.
« Nous avons constaté que la boussole dans le cerveau des chauves-souris est globale et uniforme, quelle que soit leur position, certaines cellules pointent toujours dans la même direction »,
Nachum Ulanovsky, professeur au Département des sciences du cerveau de l’Institut Weizmann
L’équipe a observé un processus d’apprentissage progressif, la boussole cérébrale des chauves-souris se stabilisant après plusieurs nuits de vol. Les chercheurs soulignent que la lune et les étoiles n’ont pas semblé jouer un rôle majeur dans l’orientation des animaux, bien qu’elles aient pu contribuer aux premières étapes de l’ajustement directionnel.
Cette découverte est d’autant plus significative que les cellules cérébrales impliquées dans l’orientation sont également présentes chez d’autres mammifères, y compris les humains. Comprendre comment ces mécanismes fonctionnent chez les chauves-souris pourrait donc apporter des éclaircissements sur la façon dont le cerveau humain reconnaît la direction et l’espace, et sur les raisons pour lesquelles ces fonctions peuvent être perturbées dans des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
« La recherche sur la navigation chez les mammifères nous aide à comprendre les mécanismes d’orientation dans le cerveau humain », a ajouté le professeur Ulanovsky. « Ces résultats montrent que rien ne peut remplacer les tests sur le terrain réels. »
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