Plusieurs propriétaires de lunettes connectées Ray-Ban Meta signalent que leurs appareils enregistrent des conversations ordinaires et stockent des transcriptions sans que le mot-clé de réveil n’ait été prononcé, ravivant de vives inquiétudes quant à la confidentialité des données personnelles.
La confiance aveugle accordée à un simple voyant lumineux vacille. Des utilisateurs de lunettes connectées découvrent avec stupeur que leurs accessoires continuent de capter des bribes de vie quotidienne en dehors de toute sollicitation active, selon des signalements partagés sur la plateforme Reddit. Le problème met en lumière la porosité croissante entre des écoutes de fond et des enregistrements non sollicités sur les appareils portables.
Les signalements d’enregistrements intempestifs sur plusieurs générations de lunettes Ray-Ban Meta
Le dysfonctionnement ne semble pas se limiter à un modèle isolé. Un utilisateur s’exprimant sous le pseudonyme Kindly-Audience-137 affirme ainsi observer ce comportement erratique sur trois paires distinctes de lunettes, englobant aussi bien la deuxième que la troisième génération des accessoires conçus par Meta. D’après ces témoignages, les appareils conservent des traces audios et textuelles au sein de l’application dédiée, et ce malgré le fait que l’option de réponse sans phrase de réveil soit désactivée.
L’incident fait suite à une mise à jour récente du micrologiciel, même si la firme n’a pas officiellement établi de lien direct entre ce changement logiciel et les captures inopinées.

Un propriétaire de lunettes Ray-Ban Meta a affirmé, selon New York Post : « J’ai observé le même comportement sur trois paires différentes de lunettes Ray-Ban Meta, incluant des modèles de deuxième et troisième générations. »
D’autres propriétaires abondent dans le même sens, constatant que l’indicateur interne s’allume subitement au milieu d’une discussion banale. L’un d’eux précise que le dispositif ne produit aucun son d’activation habituel, se contentant d’illuminer sa diode de manière impromptue.
Un utilisateur de lunettes connectées a déclaré, selon New York Post : « Meta AI ne me répond pas, et je ne l’ai jamais intentionnellement activée. »
La réponse de Meta et l’historique des controverses sur la vie privée
Face à ces accusations, Meta assure que le problème est résolu, sans toutefois fournir d’explications techniques précises sur l’origine du bogue. Un porte-parole de l’entreprise a rappelé que les clients disposent d’outils pour administrer leurs données.

This issue has been resolved.
Ces assurances interviennent dans un climat déjà lourd pour ces accessoires. Surnommées péjorativement « pervert glasses » par certains détracteurs et observateurs, les lunettes font l’objet de restrictions strictes dans plusieurs lieux sensibles, à l’instar d’une célèbre boîte de nuit new-yorkaise qui en interdit formellement l’accès. De surcroît, des révélations antérieures concernant l’examen de vidéos par des employés d’une entreprise kenyane nommée Sama avaient déjà écorné l’image de la gamme, conduisant par la suite à un recours collectif aux États-Unis ainsi qu’à une enquête menée par Ken Paxton, procureur général du Texas.
Les limites des indicateurs lumineux face aux exigences des spécialistes en IA
Si Meta mise traditionnellement sur sa diode lumineuse pour rassurer le public quant aux prises de vues ou de sons, les experts en sécurité estiment ces mesures insuffisantes. Interrogé par la publication new-yorkaise, le chercheur en intelligence artificielle Roman Yampolskiy estime qu’aucun interrupteur de type coupe-circuit ne suffira à garantir une totale sérénité face à des dispositifs aussi discrets, suggérant l’installation de voyants inviolables, de fonctions de floutage automatique des visages et de sanctions rigoureuses contre les abus.