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des vêtements vintage font irruption à La Plata

by Amélie Bernard

Publié le 2025-12-01 11:12:00. Face à la concurrence des géants asiatiques du textile et à une baisse de la consommation, les habitants de La Plata se tournent de plus en plus vers les friperies et les foires d’occasion, insufflant une nouvelle vie à l’économie circulaire et à une mode plus responsable.

  • L’activité textile argentine a connu une baisse significative de 20 % en septembre dernier par rapport à l’année précédente et de 27,8 % par rapport à 2023.
  • Les foires d’occasion, notamment les “foires américaines”, se développent à La Plata, offrant une alternative abordable et créant du lien social.
  • Le vêtement vintage est perçu comme une réponse à la “fast fashion” et à ses conséquences environnementales et sociales.

La situation est préoccupante pour les commerces de vêtements traditionnels à La Plata. Diego Piancazzo, directeur de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de la ville, explique que les ventes peinent à se redresser depuis la pandémie, et que l’achat de vêtements n’est plus une priorité pour les familles en difficulté financière. Valentín Gilitchensky, représentant de la Fédération des hommes d’affaires de La Plata (FELP), confirme cette tendance, soulignant qu’une saison aussi difficile n’avait pas été observée depuis de nombreuses années.

Selon les chiffres, les Argentins ont dépensé 2,196 millions de dollars en achats de vêtements à l’étranger entre janvier et juin 2025, témoignant de l’attrait des marques internationales à bas prix comme Shein et Temu. Cette situation met en péril les producteurs locaux, incapables de rivaliser avec ces géants.

Parallèlement à ces difficultés, un vent de changement souffle sur La Plata avec l’essor des foires d’occasion. Ces “foires américaines”, autrefois dispersées sur différentes places de la ville (Plaza Italia, Plaza Rocha, Plaza San Martín), ont trouvé un espace organisé et régularisé dans le quartier Meridiano V, grâce à l’initiative de la municipalité.

Ces foires ne sont pas seulement un lieu de commerce, mais aussi un espace de rencontre et de convivialité. Chaque week-end, les habitants se retrouvent dans des lieux comme le Parque Saavedra ou Meridiano V pour chiner, échanger et profiter d’une ambiance festive. Comme le souligne l’observation, ces rassemblements offrent un antidote à l’isolement et à la surstimulation de la vie moderne.

Le vêtement vintage, quant à lui, s’impose comme une alternative à la “fast fashion”, critiquée pour sa qualité médiocre, ses prix bas et ses conditions de production souvent peu éthiques. Il s’agit d’un choix conscient, qui remet en question la logique de la consommation de masse et de l’obsolescence programmée.

Plusieurs initiatives locales illustrent cette tendance. L’Armée du Salut (Diagonale 77 et 4) est une institution pionnière dans la revente de vêtements d’occasion, proposant des articles à des prix défiant toute concurrence – un pantalon peut s’y trouver pour 20 000 pesos, alors qu’il coûte au minimum 100 000 pesos dans les magasins traditionnels. Cocoliche (Diagonales 77 et 11), avec sa devise « Des vêtements avec une seconde chance », propose une sélection de vêtements de marque en excellent état, et encourage également le don de vêtements via son site internet.

La foire de Mabel, située aux numéros 1 et 39 dans le Barrio Hipódromo, est également très appréciée des habitants. Mabel, la propriétaire, sélectionne soigneusement les vêtements qu’elle propose, tout en maintenant des prix abordables. Enfin, Céleste Colisigno, de La Celo Feria, met en avant l’importance de l’économie circulaire et sensibilise à la nécessité de changer nos habitudes de consommation sur ses réseaux sociaux Instagram et Tik Tok.

Dans un monde où tout va vite et où rien ne semble durable, le choix de consommer des vêtements d’occasion est un acte de résistance. Selon les données de Statista, une personne moyenne passe au moins 150 minutes par jour sur les réseaux sociaux, ce qui peut entraîner anxiété et isolement. Celeste Colisigno souligne également les dangers des matériaux toxiques utilisés dans la fabrication des vêtements internationaux jetables, qui ne durent que quelques lavages.

Choisir des vêtements soignés, travaillés et sublimés est donc un moyen de s’opposer à cette logique du rejet et de valoriser la qualité, la durabilité et le savoir-faire. Comme le rappelle Céleste Colisigno, il s’agit d’un acte qui commence quelque part et qui peut avoir un impact significatif.

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