Deux policiers kenyans, dont le chef de la police du sous-district de Hagadera et son chauffeur, ont été tués le vendredi 9 octobre 2026 lorsqu’ils ont roulé sur un engin explosif improvisé le long de la route principale d’approvisionnement entre Saretho et Dadaab, dans le comté de Garissa.
L’attaque s’est produite aux alentours de six heures du matin. Le véhicule officiel, un Toyota Land Cruiser rattaché au poste de police de Hagadera, a heurté l’engin explosif improvisé (IED) sur l’axe routier Saretho-Dadaab, selon les détails préliminaires communiqués par les autorités locales et les services de sécurité.
L’attaque matinale sur l’axe Saretho-Dadaab
Le choc a causé d’importants dégâts matériels au véhicule de patrouille. L’explosion a coûté la vie sur le coup au commandant de police du sous-district de Hagadera, qui détenait le grade de surintendant assistant de police, ainsi qu’à son chauffeur, le caporal David Rotich, d’après les rapports de sécurité confirmés par le commandant de la police du comté de Garissa, Samsom Chelugo.

« Les rapports préliminaires indiquent que deux policiers sont décédés dans cet incident », ont déclaré les autorités selon The Standard.
L’incident a provoqué le déploiement immédiat d’un contingent de forces de l’ordre composé d’éléments de la General Service Unit, de la police régulière et de la police de l’administration. Les agences de sécurité ont mis en garde contre la présence éventuelle d’engins secondaires et d’embuscades le long du même itinéraire.
Selon les autorités, le véhicule a heurté l’explosif à environ 6 h 50 sur cette route principale très fréquentée. Le véhicule transportait Stephen Ekirapa, le responsable de la police du sous-district de Hagadera, et le caporal David Rotich au moment de la détonation. Les services de police ont indiqué que la voiture gouvernementale a été entièrement ravagée par la force de la déflagration. Les forces de sécurité ont rapidement bouclé la zone afin de lancer des opérations de ratissage et de sécurisation.
Les menaces persistantes des engins explosifs dans le comté de Garissa
Bien qu’aucune revendication officielle n’ait été émise au moment de la publication, les soupçons des services de sécurité se portent sur le groupe armé Al-Shabaab, dont les activistes opèrent régulièrement près de la frontière poreuse entre le Kenya et la Somalie. Cette zone frontalière est le théâtre de nombreuses attaques récurrentes visant les patrouilles militaires et policières, ainsi que les mouvements de ravitaillement.

L’insécurité dans cette région frontalière n’est pas un cas isolé. Plus tôt dans l’année, d’autres incidents similaires ont endeuillé les forces de sécurité kényanes. En novembre 2025, deux agents de la Border Patrol Unit ont perdu la vie lorsque leur véhicule a heurté une mine le long de la route reliant Liboi à Kulan, également dans le comté de Garissa. Dans le comté voisin de Mandera, deux réservistes de la police nationale ont également été tués au début de l’année par un engin explosif similaire.
D’autres événements violents ont marqué la région au cours de la même période, notamment l’attaque survenue le 7 août où au moins six personnes ont été blessées après qu’un Land Cruiser a touché un engin explosif artisanal près du village d’Odole, dans le sous-district d’Elwak. Parmi les victimes de cet incident d’août, une personne a dû être transportée d’urgence à l’hôpital de référence du sous-district d’Elwak en raison de la gravité de ses blessures. Les registres officiels indiquent que plusieurs dizaines d’incidents liés à des mines terrestres et des bombes posées en bord de route ont été recensés dans les comtés de Garissa, Mandera, Wajir et Lamu.
Consignes de sécurité et restrictions de circulation sur l’itinéraire
Les autorités ont émis des alertes de voyage classant l’incident à un niveau élevé de criticité. Les déplacements non essentiels sur les axes Saretho-Dadaab et Garissa-Dadaab ont été temporairement suspendus en attendant que les équipes de déminage et de sécurisation achèvent leurs opérations de nettoyage. Les organisations humanitaires et les partenaires disposant de personnel dans le complexe de réfugiés de Dadaab et à Hagadera ont été invités à vérifier la sécurité de leurs équipes, tandis que les mouvements indispensables doivent désormais se conformer strictement aux protocoles d’escorte et de contrôle.
Les consignes émises par les responsables de la sécurité soulignent les risques majeurs inhérents aux déplacements sans escorte militaire, particulièrement aux heures matinales le long de ces couloirs stratégiques. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les cellules responsables de la pose de ces dispositifs destructeurs, tandis que les patrouilles ont été renforcées pour contrer l’activité des insurgés dans cette partie du territoire.