L’université, je voyais ça comme la garantie d’un avenir. Je ne pensais pas que c’était au niveau de mon expérience que ça allait coincer.
Eyleen, 32 ans
Le taux de chômage des jeunes diplômés en Suisse a bondi de 3,9% à 6,4% en l’espace de deux ans, selon de récentes données de presse. Les titulaires de master peinent aujourd’hui à décrocher leur premier emploi sur le marché du travail.
Les titulaires d’un master universitaire dans les sciences humaines se heurtent à un mur. Obtenir un premier poste relève désormais du parcours du combattant, tout comme décrocher un simple stage.
Eyleen cherche un emploi depuis septembre 2024
À 32 ans, Eyleen incarde cette désillusion. Son master en poche depuis septembre 2024 à l’Université de Lausanne, elle enchaîne les recherches sans succès.
Pendant les entretiens d’embauche, son parcours aux expériences multiples est passé au crible. Les recruteurs le jugent trop éclectique. On lui reproche un manque de clarté et de cohérence.
Les profils généralistes face à la sélectivité des entreprises
Une dizaine de témoignages de jeunes femmes et d’hommes, âgés de 25 à 33 ans, dessinent la même réalité implacable. Franchir le premier pas dans le monde professionnel est devenu un exercice de haute voltige.
Lettres, relations internationales, sciences sociales ou administration publique : les formations généralistes subissent de plein fouet la sélectivité des entreprises. Les recruteurs privilégient les profils dotés d’une trajectoire linéaire.
Le manque d’expérience professionnelle bloque les diplômés
Tous ces jeunes partagent le même sentiment d’exclusion. Ils expriment l’amère impression qu’il leur manque précisément ce que le marché du travail exige désormais d’eux : une solide expérience professionnelle.