Le PDG de TotalEnergies a défendu, ce vendredi 29 mai 2026 à La Défense, le rôle crucial du groupe pour la souveraineté énergétique européenne. Face à environ 500 actionnaires, il a justifié des bénéfices record au premier trimestre, s’élevant à 4,96 milliards d’euros, tout en rejetant les appels à une surtaxation des superprofits.
TotalEnergies n’a pas à s’excuser de réussirPatrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, via Connaissance des Énergies Cette déclaration marque une rupture avec la communication prudente habituelle. Le groupe ne se contente plus de justifier ses marges ; il positionne sa rentabilité comme le moteur même de l’indépendance énergétique de la France et de l’Europe.
Le paradoxe fiscal : extraction mondiale contre imposition locale
Le débat sur les superprofits se heurte à une réalité technique et juridique complexe. Comme l’analyse Le Figaro, l’essentiel de la fortune de TotalEnergies ne provient pas de la distribution de carburant sur le sol français, mais de l’extraction et de la production de pétrole à l’étranger. L’entreprise souligne que payer l’impôt sur les sociétés en France dépendrait de la rentabilité du raffinage local, et non de la valeur globale du baril extrait ailleurs. Pour le PDG, la taxation a déjà lieu, mais elle profite aux États producteurs. Il a précisé que le taux d’imposition mondial du groupe, à l’instar de ce qui avait été observé en 2022, se situerait entre 40 % et 50 %. C’est un argument massue : taxer davantage en France reviendrait à solliciter des profits qui ont déjà été captés par les pays hôtes des gisements.Le plafonnement des prix comme bouclier politique

- Essence : prix bloqué à 1,99 euro le litre.
- Diesel : prix bloqué à 2,25 euros le litre.
- Offre spéciale : le diesel descend à 2,09 euros durant les week-ends de la Fête des mères et de la Fête des pères.
Ce n’est pas une opération gratuite, a affirmé le PDG, rappelant que ce coût est supporté directement par l’entreprise.
L’offensive électrique et l’objectif 2030
Notre conviction est claire il n’y aura pas de souveraineté européenne sans acteur énergétique capable d’investir dans le temps long et (…) notre compagnie s’inscrit résolument dans ce projetPatrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, via Connaissance des Énergies L’enjeu est autant financier que géopolitique. En diversifiant ses actifs vers l’électricité, le groupe s’assure une place dans le mix énergétique du XXIe siècle tout en réduisant sa dépendance exclusive aux fluctuations du cours du brut.
L’aveu sur le Net Zéro et le plafond des 1,5 degré

net zéro. L’argument avancé est celui du réalisme scientifique. Selon la direction, un tel objectif exigerait un plan de transition compatible avec une trajectoire de réchauffement limitée à +1,5 degré. Or, le PDG a souligné que la majorité des experts estiment aujourd’hui que ce seuil n’est plus atteignable. Si cette reconnaissance peut être vue comme un recul par les militants environnementaux, le groupe affirme que cela ne traduit pas une baisse de son ambition. C’est un arbitrage brutal entre l’idéal climatique et la réalité industrielle. TotalEnergies se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. D’un côté, des profits records et une influence politique renforcée par le plafonnement des prix. De l’autre, une pression croissante pour une transition dont les objectifs initiaux semblent désormais hors de portée. La capacité du groupe à transformer ses milliards actuels en infrastructure électrique d’ici 2030 sera le véritable juge de paix de sa stratégie de souveraineté.